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Coup de coeur de la coordination régionale du Mois du Film Documentaire, « Le complexe de la salamandre » sera présenté dans les salles partenaires de la manifestation tout au long du mois de novembre. Un avant-goût de la sortie en salles voulue par les coproducteurs .Mille et Une. Films et Bix Films. Nicolas Le Gac, programmateur pour l’association J’ai vu un documentaire, nous livre ses impressions sur ce film.

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Il est parfois bon, si ce n’est toujours, de ne rien savoir du film que l’on va voir au cinéma, ou d’accumuler le moins d’informations possibles à son propos pour ne pas pré-formater notre découverte. Un synopsis lu en diagonale ou résumé en une seule phrase pour situer les contours du sujet fera l’affaire. Si l’on connaît ses précédentes réalisations, et les apprécier nous encouragera d’avantage, le nom de l’auteur peut suffire à nous conduire vers son film. Qui n’a pas goûté au plaisir de découvrir un film à l’aveuglette, de le choisir parce que le titre nous intriguait ? Pour ma part, Le complexe de la salamandre était suffisamment énigmatique pour qu’il m’aspire. Je connaissais une petite partie de la filmographie de Serge Steyer, qui totalise une trentaine de réalisations, à cela s’ajoutaient les quelques retours enthousiastes entendus lors des séances préparatoires du Mois du Film Documentaire où le film était programmé, confortant ainsi ma curiosité. Le 23 août dernier, je m’installais sur une chaise, face à l’écran géant dressé dans la prairie où avaient lieu les projections en plein air des 26ème Etats Généraux du Documentaire, à Lussas. Et je ne savais rien, ou presque, du Complexe de la salamandre

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Le film s’ouvre en silence, de manière presque religieuse, dans la pénombre d’une pièce qu’un homme éclaire en allumant une bougie, comme une invitation à nous rapprocher pour mieux voir, pour mieux entendre ce qui va nous être conté. Cet homme, c’est le plasticien Patrick Neu que l’on découvre d’emblée au travail, concentré, inscrivant à l’aide d’une pointe fine la gueule d’un animal sur la paroi intérieure fumée d’un verre de cristal. Avec une précision qui sidère et séduit. La scène suivante nous le montre de plein jour en extérieur, dans un bois, déballant des morceaux de verre qu’il assemble à même le sol pour constituer le corps transparent d’une armure. Tout est dit dans ces cinq premières minutes du film, magnifique séquence d’ouverture, sans parole, constituée de plans serrés du visage de l’artiste et de son œuvre qu’il construit sous nos yeux. La caméra nous rapproche sans bruit, elle le surplombe parfois. Nous sommes placés à ses côtés sans être dans ses pattes. Nous partagerons avec lui l’intimité de ses instants de création, fragiles et délicats, tout comme la distance respectueuse avec laquelle les deux réalisateurs le filment : un cadre et une lumière soignés, une attention particulière à l’univers sonore, une mise en scène discrète et la volonté assumée de ne pas aller trop vite, de prendre le temps. En cela, Le complexe de la salamandre porte autant d’attention au fond et à la forme et peut être comparé, entre autres, au film de Alessandra Celessia, Le libraire de Belfast.

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Et si l’alchimie fonctionne, c’est parce que le binôme Serge SteyerStéphane Manchematin, respectivement au cadre et au son, n’en est pas à son premier galop d’essai. Les deux hommes se sont rencontrés à Metz, au début des années 2000. Stéphane Manchematin enseigne le cinéma à l’université de Lorraine et obtient un détachement dans son service audiovisuel, le CAVUM – Centre Audiovisuel de l’Université de Metz, qui coproduit les films de Serge Steyer. Ils travaillent pour la première fois ensemble en 2001 sur le film Jean-Marie Pelt, Le rêveur éveillé, Stéphane s’impliquant toujours davantage dans la réalisation des films de Serge à qui il apporte un regard extérieur et critique.

En 2008, la longue (et difficile) aventure du film Huis clos pour un quartier se termine pour Serge Steyer. Il en ressort usé, fatigué et décide de mettre en standby ses projets de réalisation. Deux ans plus tard, Stéphane Manchematin vient le chercher et lui propose de co-réaliser le portrait d’un certain Patrick Neu, un artiste qu’il connaît depuis longtemps. L’idée est alléchante mais Serge Steyer, qui a l’habitude de travailler seul, est d’abord réticent à l’idée de partager la réalisation. « Nous avons tous les deux un caractère bien trempé et je voyais la co-réalisation comme une source de conflits » confie t-il. Si on ajoute à cela le côté taiseux du caractère de Patrick Neu et un sujet de film – l’art contemporain -, plutôt peu vendeur vis-à-vis des chaînes de télévision, la route semble semée d’obstacles !

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Mais la rencontre avec l’artiste sera décisive et balaiera toutes ces inquiétudes. Patrick Neu comprend d’emblée le projet et fait preuve d’une grande patience quant aux contraintes du tournage. Il est aussi très cinéphile et c’est justement de cinéma qu’il sera question. Les deux réalisateurs prennent le parti d’approcher le sujet comme une fiction du réel, ce dernier étant dépouillé de ce qui est superflu dès les premières notes du film. Ils ne s’interdisent pas de mettre en scène, d’arranger le réel sans trahir l’artiste dont ils dressent un portrait, afin de mieux pénétrer dans la tête de leur personnage. Le générique du début le souligne d’ailleurs : ce n’est pas un film sur mais avec Patrick Neu. La mise en scène est assumée et discrète, les éléments du cadre sont installés avec soin, filmés le plus souvent avec une caméra sur pied, une grue est de temps à autre utilisée ainsi qu’un steady cam. Ces choix esthétiques et techniques nous offrent des moments de grâce comme cette traversée des sous-bois aux allures de rêve, une échappée suspendue.

Les deux réalisateurs ont su trouver la bonne distance pour filmer Patrick Neu. Celle-ci s’est imposée d’elle-même, intuitivement. « Dans un documentaire, souligne Serge Steyer, on filme la relation qu’on a avec un personnage ». Ici, cette relation résonne d’un respect mutuel. Patrick Neu se prête au jeu parce qu’il n’est pas bousculé. Le matériel utilisé pour filmer est aussi déterminant dans le lien qui se construit entre le filmeur et le filmé. « Tourner en HD permet de travailler sur la profondeur de champ. Il n’y a pas d’image plate et il n’est pas nécessaire d’être trop près de ce que nous filmons. Passer de la DV pour mon film précédent [Huis clos] à la HD pour celui-ci m’a rappelé les sensations de mes premiers tournages, en super16 », raconte Serge Steyer.

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Ce fut un long parcours pour réaliser ce film. Il aura fallu presque trois années, de fin 2011 à avril 2014, pour écrire, rencontrer, convaincre, tourner – ving-cinq jours au total -, et monter. « Trouver les co-productions, surtout les télévisons, n’a pas été simple », raconte Serge Steyer. « Le sujet effrayait tout le monde ! Mais grâce au teaser, les portes se sont ouvertes. Les images ont convaincu. Les fonds d’aide ont alors suivi (Bretagne, Lorraine, Alsace et Communauté Urbaine de Strasbourg), l’investissement des télés a fait effet de levier. Mais c’est avant tout un vrai film de décentralisation ! Nos principaux soutiens proviennent des collectivités territoriales. »

Il existe une version 52 minutes du film, intitulée Le cristal et la fumée, pour la télévision. Plus formatée, accompagnée d’un commentaire introductif en voix-off qui restreint notre place de spectateur, notre accès subjectif à l’histoire. Cette version pour le petit écran a mobilisé une audience record sur France 3 Lorraine, 15%, ce qui prouve qu’un sujet, même « difficile », porté par un (des) regard(s) d’auteur(s) peut capter l’attention des téléspectateurs.

Le complexe de la salamandre est un autre film, une toute autre histoire. Celle d’un homme qui ne renonce à rien pour son art, qui ne court pas après la reconnaissance. Intègre, méticuleux, secret, énigmatique.
Les réalisateurs et leurs producteurs espèrent pouvoir sortir prochainement le film en salle de cinéma. D’ici là, vous pourrez voir le film ce mois-ci à l’occasion du Mois du Film Documentaire. Une dizaine de projections sont prévues entre la Bretagne et la Lorraine.[/vc_column_text][mk_padding_divider size= »20″][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″]Nicolas Le Gac[/vc_column_text][mk_padding_divider size= »40″][mk_custom_box border_color= »#8adcbd » border_width= »1″ bg_color= »#f6f6f6″ bg_position= »left top » bg_repeat= »repeat » bg_stretch= »false » padding_vertical= »30″ padding_horizental= »20″ margin_bottom= »10″ min_height= »100″][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″]

Le complexe de la Salamandre, de Stéphane Manchematin et Serge Steyer

Une coproduction .Mille et Une. Films, Bix Films
Avec la participation de Vosges Télévision, de l’ENSA de Nancy et du Palais de Tokyo

Avec le soutien de la Région Alsace, de la Région Bretagne, de la Région Lorraine, de la Communauté Urbaine de Strasbourg, du Centre National du Cinéma et de l’Image animée, de la Bourse Brouillon d’un Rêve de la SCAM et celle de la SACEM pour la musique originale, de la Procirep – Société des producteurs et de l’Angoa.

Ce film a bénéficié du soutien du Fonds d’Aide à l’Innovation audiovisuelle du CNC et d’une aide à l’écriture de la Région Lorraine.

Prix spécial du jury au Festival International du Film Nancy-Lorraine

Sélections : Festival de Cinéma de Douarnenez 2014. Etats Généraux du film documentaire à Lussas 2014

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