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C’est en voisin que Yann Stéphant a pris les rênes du Festival de cinéma de Douarnenez en mars dernier. A la tête d’une équipe de salariés et de bénévoles qui, depuis 37 ans, invite à la découverte des peuples minoritaires, il a fait ses gammes non loin de là, au Festival du film insulaire de Groix, son île natale.

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– Y-a-t-il pour vous un prolongement naturel entre les festivals de Groix et de Douarnenez ?

J’ai toujours suivi de très près la programmation du festival de Douarnenez. Elle entre en résonance avec mon parcours, mes envies, mes centres d’intérêts, tant au niveau cinématographique, que politique et humain. Groix et Douarnenez ont des lignes éditoriales très proches. Ce sont deux festivals qui s’intéressent aux peuples par le biais du cinéma. Ils sont exigeants sur le plan artistique mais n’en oublient pas pour autant la fête qui n’est pas l’ennemie de l’intelligence et de la culture ! Ils sont aussi très attachés aux débats, aux palabres et à une pluridisciplinarité mêlant rencontres littéraires, musicales et artistiques qui me plait beaucoup.

– Aviez-vous déjà eu l’occasion de travailler avec le festival de Douarnenez lors que vous étiez à Groix ?

Quand je m’occupais du festival du film insulaire, j’ai mené des actions communes avec Douarnenez. Avec Erwan Moalic notamment à travers le Mois du Doc ou des tournées de projections dans les îles bretonnes. Mais aussi avec Caroline Troin et Nicolas Le Gac, en 2010, année où le cinéma des Caraïbes était présenté à Douarnenez. Nous avons échangé idées, films, contacts et invités. Groix fêtait alors ses dix ans et, à cette occasion, nous avions convié des Caribéens qui nous avaient marqués et que nous avions envie de revoir. Des Haïtiens ont ainsi pu montrer leurs films dans les deux festivals. C’était juste après le tremblement de terre.

– Quels sont vos souvenirs les plus marquants du festival de Groix ?

Pour moi, l’édition la plus forte a été la Kanaky en 2011. Je retrouve d’ailleurs beaucoup de points communs avec l’édition de cette année à Douarnenez sur les peuples de l’archipel indonésien, du Timor Leste et des Papouasies. Ce n’est pas étonnant que les Papous et les Kanaks, ces deux peuples mélanésiens, se considèrent comme frères car ils partagent des histoires similaires. Madagascar et Haïti ont aussi été des expériences humaines incroyables. Et je n’oublie pas le Cap Vert. En 2005, après le festival, nous avions décidé d’aller projeter là-bas des films mettant en scène la population capverdienne et qui n’avaient jamais été vus sur place. Par un coup de chance extraordinaire, nous avons pu embarquer à bord du Tara, un voilier d’exploration. Il partait en expédition en Antarctique et s’arrêtait au Cap Vert pour y déposer du matériel humanitaire. Nous avons fait une magnifique tournée au pays de Cesaria Evora.

– Quel a été votre parcours professionnel avant votre arrivée au festival du film insulaire ?

Lors de mes études d’histoire à la fac de Rennes au début des années 90, j’ai travaillé au siège de Ouest-France comme secrétaire d’édition. Puis, je suis entré à l’Institut Pratique de Journalisme à Paris et j’ai ensuite bossé dans une petite agence de presse où j’étais spécialisé dans l’actualité sociale. J’ai découvert plein de gens superbes, des syndicalistes notamment, mais c’était une période de plans sociaux. Pendant trois ans, j’ai fait le tour de France des restructurations. C’était assez déprimant. Après quoi, je suis devenu correspondant du Télégramme à Rennes avant de repartir à Paris pour être pigiste.

– À quel moment est née votre cinéphilie ?

C’est d’abord la littérature, ma première passion, qui m’a amené vers l’ailleurs, vers des histoires intimes ou de voyages. Les films sont venus ensuite. En fait, j’aime tous les récits, que ce soit par le biais du livre, du film, de la musique ou du spectacle vivant. Quand j’étais étudiant, j’ai vu beaucoup de films et suivi le cours de cinéma de Jean-Pierre Berthomé (1) à l’Université de Haute-Bretagne. C’est aussi à cette époque que je suis entré en contact avec la Cinémathèque de Bretagne qui se trouvait à Saint-Brieuc. Elle était alors dirigée par André Colleu qui parcourait la campagne à la recherche de films, à bord d’une bagnole pleine de foin ! J’ai fait, moi aussi, un travail de collecte sur mon île où j’ai retrouvé quelques films sur la pêche au thon qui sont toujours conservés à la cinémathèque.

– Et comment avez-vous intégré l’équipe de Groix ?

Le festival a été créé en 2001. Pour la première édition qui portait sur le Pacifique et les îles Marquise, je suis venu en spectateur. J’ai été chamboulé et très fier que ça se passe sur mon île. Je me souviens des Marquisiens et des Kanaks et de leurs paroles très fortes. Lors de la deuxième édition qui s’intéressait à Saint-Pierre-et-Miquelon et Terre-Neuve, j’ai été bénévole à plein temps et j’ai participé à la sélection de films documentaires. Il s’agissait d’une compétition de films sur les îles du monde entier. On a reçu 200 films et après un premier écrémage, pendant une semaine, on est restés en vase clos à regarder 60 films, à discuter, à s’étriper jusqu’à tard dans la nuit ! J’ai beaucoup aimé ces échanges. En 2003, j’ai pris en charge la programmation, comme salarié cette fois et en 2006, je suis devenu directeur artistique du festival. J’ai fait mon apprentissage sur le tas. J’ai trouvé cette expérience passionnante, à la fois pour le cinéma et pour l’aspect humain. On accueillait d’autres insulaires mais nous ne donnions pas de ces territoires une vision exotique. Les îles sont plutôt une caisse de résonance de toutes les problématiques qu’on rencontre ailleurs.
J’ai quitté le festival de Groix en 2011 et après une transition heureuse avec Sylvain Marmuggi, j’ai voyagé, profité de la vie et bossé sur des projets associatifs.

– Pour revenir au festival de Douarnenez, comment s’est passé le passage de témoin avec Eric Prémel, le précédent directeur ?

Il a duré longtemps ! Eric a été très généreux et n’a pas compté son temps. Dans un festival comme Douarnenez, il faut passer des conventions, notamment avec les fondations qui nous aident à financer les voyages de nos invités. Cette année, cet aspect du travail a été très lourd. A quelques jours du festival, nous mettons les bouchées doubles pour que tous obtiennent leur visa.

– Et cette année, le festival de cinéma de Douarnenez invite une fois encore à découvrir une cinéphilie peu connue ? Quels seront les temps forts de cette édition ?

Nous sommes très heureux de présenter la trilogie de Leonard Retel Helmrich, notre invité d’honneur (2). C’est un métis indonésien-hollandais qui, pendant des années, a filmé de manière extraordinaire une famille qui quitte la campagne pour les faubourgs de Jakarta. Il traverse l’histoire contemporaine de l’Indonésie et témoigne au plus près de sa transformation politique sur fond de conflits religieux. Nous recevrons aussi le cinéaste australien Bob Connolly qui sera présent toute la semaine. Nous projetterons sa fameuse « trilogie papoue », dont le volet le plus connu, First Contact, est une référence dans le monde du documentaire. Nous allons également montrer plusieurs films sur la guerre qui a fait rage dans la partie occidentale de la Papouasie annexée par l’Indonésie en 1969. Le reporter de guerre, Max Stahl, a documenté la lutte et la naissance du Timor Oriental dont il est devenu le mémorialiste. Ses rushes numérisés ont été inscrits au patrimoine de l’Unesco. Nous en proposerons trois séquences.

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– Il y a aussi les autres axes du festival, le Grand cru Bretagne, les Trans et Intersexe,  Le Monde des Sourds, la Grande Tribu…

Oui, il y a de beaux films, parfois en avant-première à découvrir dans ces sections, notamment Nicole et Félix de Philippe Guilloux sur les Le Garrec qui ont réalisé Des pierres contre des fusils, documentaire montré d’ailleurs pour la première fois à Douarnenez à l’époque de sa sortie. Et parmi les coups de cœur de la sélection La Grande Tribu qui nous relie à l’édition très forte avec les Rroms l’an passé, je voudrais citer Spartacus et Cassandra, le documentaire de Ioanis Nuguet présenté en avant-première avant sa sortie au cinéma. Le film raconte l’histoire de deux enfants Rroms recueillis par une jeune trapéziste dans un chapiteau, à la périphérie de Paris. Dans cette même sélection, nous allons projeter La tête d’Ataï, le film de Medhi Lallaoui qui est un habitué du festival de Douarnenez. Ataï était un guerrier kanak, symbole de la résistance à l’armée française à la fin du 19 ème. Il a été tué, on lui a coupé la tête, on l’a mise dans le formol et elle a été envoyée à Paris au Muséum d’histoire naturelle. Elle a été perdue pendant très longtemps et est réclamée depuis une trentaine d’années par les Kanaks. On a fini par la retrouver et une délégation de chefs coutumiers vient à Paris le 28 août pour la récupérer. Le 26 août, nous présenterons en avant-première le documentaire qui raconte cette histoire.

Propos recueillis par Nathalie Marcault

(1) Jean-Pierre Berthomé est un historien et critique de cinéma, spécialiste du décor de cinéma.

(2) En partenariat avec l’ARBRE, association des Auteurs et Réalisateurs en Bretagne, et Films en Bretagne, le festival de cinéma de Douarnenez organise un Désir de films autour de l’œuvre de Leonard Retel Helmrich. Il s’agit de réfléchir au parcours d’un film, de sa genèse à sa diffusion. Il aura lieu le vendredi 29 août de 14 h 30 à 16 h 30.

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