Webinaire : CULTURE ET ACCESSIBILITÉ, UNE AFFAIRE DE DROITS FONDAMENTAUX [3 mars en ligne]


Replay du webinaire disponible ICI 

Dans le cadre du nouveau projet associatif de Films en Bretagne, l’enjeu de ritualiser des rendez-vous de partage d’expériences a été pointé à de nombreuses reprises. Le Collège des Acteurs Culturels a choisi de relever ce défi en thématisant chacune de ses réunions, actant ainsi un calendrier de travail aussi ambitieux que stimulant…

Ces rendez-vous prennent la forme de webinaires, transversaux (ouverts aux acteurs d’autres collèges), articulés autour d’enjeux traversant la filière. Ces webinaires sont enregistrés et disponibles en replay comme ressources à l’attention de tout acteur de Bretagne, ou d’ailleurs, s’intéressant à ces questions.


CULTURE ET ACCESSIBILITÉ :
UNE AFFAIRE DE DROITS FONDAMENTAUX

UN PREMIER WEBINAIRE LE 3 MARS de 16h à 18h


Si l’on se réfère à la Déclaration de Fribourg en 2007, les droits culturels constituent une vision de la culture fondée sur les notions de droits personnels, de diversité et d’identité. Les droits culturels s’attachent à garantir à chacun la liberté de vivre son identité culturelle, comprise comme « l’ensemble des références culturelles par lesquelles une personne, seule ou en commun, se définit, se constitue, communique et entend être reconnue dans sa dignité ».

Parce que les droits culturels s’inscrivent dans le cadre juridique des Droits de l’Homme, ils visent à faire reconnaître le droit de chaque personne à participer à la vie culturelle, de vivre et d’exprimer sa culture et ses références, dans le respect des autres droits humains fondamentaux.

S’il n’existe pas à proprement parler de définition officielle des droits culturels, ils couvrent un vaste ensemble de questions :

  • l’expression, la création et la diffusion artistique – liberté de créer et de contribuer à la culture ;
  • l’information et la communication ;
  • la langue, l’identité et l’appartenance à des communautés multiples, diverses et changeantes  – liberté de choisir la ou les culture(s) et la vie culturelle à laquelle on souhaite participer et liberté de modifier ce choix (liberté de manifester sa propre culture) ;
  • la non-discrimination et l’égalité ;
  • la construction de sa propre vision du monde et la liberté d’adopter un mode de vie spécifique ;
  • l’éducation et la formation ;
  • l’accès, la contribution et la participation à la vie culturelle, l’exercice de pratiques culturelles et l’accès au patrimoine culturel matériel et immatériel ;
  • le droit de participer à l’élaboration, la préparation et l’application de politiques relatives à la culture ;
  • la liberté de coopération au niveau international.

Les droits culturels des personnes handicapées sont clairement reconnus par le droit international.

La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 a ouvert la voie en prévoyant que « toute personne, en tant que membre de la société, […] est fondée à obtenir la satisfaction des droits […] culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité ».

Dans sa droite ligne, l’article 15 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels enjoint les États parties de reconnaître à chacun le « droit de participer à la vie culturelle ».

Logiquement, ce droit a donc été également inscrit dans le texte international de référence destiné à promouvoir, protéger et assurer les droits et libertés fondamentales des personnes en situation de handicap. C’est l’objet de l’article 30 de la convention relative aux droits des personnes handicapées, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 13 décembre 2006, qui porte sur la « participation à la vie culturelle et récréative, aux loisirs et aux sports ». Les États s’engagent à reconnaître « le droit des personnes handicapées de participer à la vie culturelle, sur la base de l’égalité avec les autres ».

Cette dernière précision est essentielle : elle implique de développer des produits culturels dans des formats accessibles, d’assurer l’accès aux contenus audiovisuels et aux autres activités culturelles dans des formats accessibles et de garantir l’accessibilité des lieux de culture (théâtres, musées, cinémas, bibliothèques, lieux touristiques). Elle suppose également que les États donnent « aux personnes handicapées la possibilité de développer et de réaliser leur potentiel créatif, artistique et intellectuel, non seulement dans leur propre intérêt, mais aussi pour l’enrichissement de la société ».

En France, il y a environ 8,7 millions de personnes en situation de handicap sensoriel, soit 14 % de la population.

S’agissant des déficiences visuelles, en France, il y a 1,7 millions de déficients visuels, 3 % de la population, dont :

  • 560 000 sont des déficients légers
  • 932 000 sont des déficients moyens
  • 207 000 sont malvoyants profonds
  • 61 000 sont aveugles

Il y a par ailleurs environ 7 millions de déficients auditifs, dont :

  • 300 000 personnes présentent une surdité complète
  • 1,06 millions de déficients sont considérés comme malentendants
  • les autres personnes se déclarant déficients auditifs présentent des surdités d’une oreille, ou d’autres problèmes auditifs

On évalue à 730 000 le nombre de personnes portant une aide auditive (14 % des déficients auditifs). 44 000 personnes pratiquent quant à elles la langue des signes.


Et Films en Bretagne dans tout ça ?

Alors même que l’étude « Impacts économiques et utilité sociale des acteurs de la diffusion, de la médiation et de l’accompagnement des professionnels » est en cours de rédaction, alors même que la question des « droits culturels » demande plus que jamais à être concrètement et communément traitée par les politiques publiques et les acteurs de la culture, nous avons choisi de focaliser ce premier webinaire autour de « l’accessibilité ».

Accessibilité aux lieux de culture et aux manifestations, accessibilité aux œuvres et aux contenus culturels, accessibilité à l’information et à ce qui lie les œuvres aux spectateurs… autant d’objets d’attention, que d’initiatives structurantes, autant de choses à travailler que de perspectives qui s’ouvrent !

Nous proposons d’articuler l’échange autour de cinq témoignages :

Arnaldo Baltazar (Intervenant Zanzan Films) :
L’accessibilité au sens large – « accès à tout pour tous » – une question aussi de droits culturels

Formateur et consultant sur l’accessibilité, Arnaldo propose d’inscrire la question DES accessibilités dans le cadre de la Loi Handicap 2005 et dans la perspective des droits culturels et de traduire les questions de droit en actions.
Propos introductif – 10 minutes


Marie Diagne (L’œil sonore et le cinéma parle) :
partager le cinéma au-delà du partage des images

Marie Diagne a d’abord découvert le montage image avant d’écrire des scenarii de films documentaires. Très impliquée dans les questions de transmission du cinéma, elle est une intervenante professionnelle régulière des dispositifs nationaux d’éducation au cinéma, et l’auteur de plusieurs documents pédagogiques. Elle décrit des films depuis 2009 et annote son travail avec un collaborateur non voyant professionnel. Elle développe depuis peu des ateliers de réflexions avec les usagers déficients visuels de différentes associations. Elle n’a jamais dissocié de sa pratique professionnelle le dialogue constant avec les spectateurs et les salles, ainsi que les ateliers de découverte de l’audiodescription, à destination de publics très divers.

Sa pratique nourrie, sa réflexion et son exigence pour une profession naissante en France, l’ont amenée notamment à concevoir et à mener les deux formations de l’INA tournées vers la réalisation audiodescriptive, et l’unique projet à ce jour strictement dédié aux collaborateurs déficients visuels. Elle a aussi modéré la première rencontre professionnelle dédiée à l’audiodescription en France en 2007 et la seconde, sous l’égide du ministère de la Culture et du CNCIA, en 2012.

Elle est sollicitée par le CSA pour son expertise en réalisation audiodescriptive, et elle co-rédige en 2017 le premier rapport dédié à la qualité des versions audiodécrites diffusées à la télévision. Ce rapport donnera lieu à une réflexion collective des acteurs de l’audiodescription et au Guide de l’audiodescription actuel. Marie est également sollicitée par le CNC, le ministère de la Culture et les réseaux associatifs pour son expertise en transmission inclusive du cinéma.

Elle a fondé Le Cinéma Parle en 2013, pour répondre à son exigence de transmission du cinéma.

Structure dédiée à l’audiodescription, Le Cinéma Parle réalise des versions audiodécrites, accompagne ces adaptations en salle, et mène un travail de découverte et de sensibilisation auprès de publics très différents.
Pour Marie, la version audiodécrite n’est pas réductible aux seuls besoins de l’accessibilité : véritable promesse de cinéma, elle offre au plus grand nombre, paré de ses « yeux du dedans » ou de ses « yeux du dehors », une rencontre inédite avec un film.
Témoignage – 15 minutes


Philippe Thomas (Directeur Zanzan Films) :
partager le cinéma et la culture, transmettre la parole… Ça tombe sous le sens !

Sous-titrage sourds et malentendants, chuchotage, surtitrage, colonnes vibrantes, transcription en direct, traduction LSF, boucle à induction magnétique… autant de moyens techniques qui permettent le partage de la culture et que Philippe nous propose de découvrir.
Pour rappel, Zanzan Films est née en 1998 de la volonté de Philippe Thomas, réalisateur-producteur Infirme Moteur Cérébral, de promouvoir le handicap hors des sentiers battus. « J’ai créé Zanzan Films en 1998, après la réalisation de mon premier court-métrage La Joie, afin de produire mon second film L’Homme de compagnie. A ce moment-là, les producteurs étaient trop frileux pour produire des films qui abordaient la question du handicap. Cette réaction négative a légitimé et conforté l’engagement de mes productions dans la thématique du handicap. » Fondateur et directeur producteur de Zanzan Films, Philippe Thomas était parallèlement directeur du Festival Zanzan, Cinéma et arts des différences à Rennes et directeur artistique en audiodescription. A ce titre il coordonne des projets, choisit les comédiens et suit des enregistrements.
Témoignage et mise en perspective – 15 minutes


Aurélie Chasles (Intervenante Zanzan Films)
le F.A.L.C., une communication Facile A Lire et à Comprendre

Formatrice, Spécialiste de la communication adaptée, notamment le FALC, Aurélie propose de partager les fondements d’une communication adaptée à toutes et tous : le FALC est une méthode officielle européenne qui a pour but de simplifier des documents pour les rendre accessibles aux personnes atteintes de handicap mental (mais pas que !). Le FALC c’est des règles pour la rédaction, la mise en page, le choix des images, l’ordre des informations… Et surtout la collaboration de personnes en situation de handicap mental.
Présentation – 10 minutes


Fred Prémel (Tita B Productions)
Des films « ouverts à toutes et tous »

Producteur du film Les Sorcières d’Akelarre qui a été audio-décrit à l’occasion de sa sortie en salles partage son expérience : s’engager dans une sortie salles d’un film que l’on souhaite partager avec toutes et tous, c’est s’inscrire dans un processus de travail, s’entourer de gens compétents et faire de nouvelles expériences artistiques !
Témoignage et mise en perspective – 10 minutes


Questions & réponses de participants + autres témoignages
30 minutes / 1 heure

 

UN PARTAGE D’EXPÉRIENCES ACCESSIBLE À TOUTES ET TOUS !

Dans la mise en œuvre de ce rendez-vous, nous avons tenu à nous inscrire dans les conditions d’accessibilité à mettre en place dans le cadre de ce partage d’expérience – la parole des intervenant·es sera retranscrite en temps réel, et traduite simultanément en langue des signes.
Films en Bretagne a ainsi eu recours aux services de Zanzan Films et du Messageur.