[vc_row][vc_column width= »1/1″][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″]

Après  »Berlin, Vichy, Bretagne », documentaire qui explorait les relations entre les séparatistes bretons et le IIIème Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, le réalisateur Hubert Béasse s’est attaqué à un autre sujet épineux : le FLB. Son enquête patiente et fouillée a donné matière à un film en deux parties,  »Les années De Gaulle » et  »Les années Giscard », qui retrace l’histoire de ce mouvement nationaliste de 1966 à 1981. Le film sera diffusé les 9 et 16 novembre sur France 3 Bretagne.

Il existe des livres sur le Front de libération de la Bretagne, mais, à ce jour, jamais un film ne s’était intéressé d’aussi près à ce mouvement séparatiste. C’est aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine que Hubert Béasse a découvert le filon qui allait lui permettre de donner à son film la forme prenante d’une enquête policière. « Je me suis rendu compte que le SRPJ (Service Régional de la Police Judiciaire, ndlr) de Rennes y avait déposé ses archives. J’ai obtenu une dérogation pour pouvoir les consulter. En tapant le mot-clé FLB, j’ai eu accès à tous les procès verbaux d’interrogatoires et aux rapports écrits par les commissaires et les inspecteurs qui étaient très au fait de la question bretonne et donnaient beaucoup de détails. J’ai aussi pu utiliser les photographies prises par l’Identité judiciaire notamment après les attentats. On y voyait, par exemple, des traces de pas qui m’ont d’entrée de jeu semblé pourvoir devenir d’intéressants éléments de narration. C’est souvent l’absence de sources qui fait qu’on n’aborde pas un sujet. Là, avec tout ce matériel, je pouvais raconter cette histoire », explique le réalisateur.
Il poursuit son travail de documentation en se plongeant dans les rapports que les préfets envoyaient au Premier ministre ou à celui de l’Intérieur lors de visites de personnalités politiques en Bretagne. Il compulse toute la presse de l’époque. Il passe au crible les archives filmées qui rendent compte du mouvement breton. Et exhume quelques pépites comme ce discours du Général de Gaulle, en février 1969 à Quimper, où le chef de l’Etat, délaissant la langue de Molière, se met à parler breton.
Il a fallu ensuite synthétiser toute cette masse de documents et construire le récit. « J’ai sélectionné les événements importants, puis j’ai cherché les liens entre eux et commencé à bâtir une structure narrative dont le but était de maintenir le spectateur en haleine. Cette histoire me permettait de scénariser le film comme une enquête policière. Je n’allais pas m’en priver. Il est important, pour moi, que le fond et la forme soient toujours liés. »

Ces recherches effectuées et cette trame établie, une autre phase allait pouvoir commencer : la prise de contact avec les anciens militants du FLB. Pour les rencontrer, Hubert Béasse s’est appuyé sur Lionel Henry, un militant nationaliste, auteur du livre FLB-ARB, qui les connaissait bien : « C’était important de travailler avec quelqu’un qui était accepté et reconnu par le milieu. La rencontre avec les témoins s’est toujours faite avec lui. Ils m’ont fait bon accueil. J’ai eu le sentiment qu’ils avaient envie de témoigner et de raconter leur engagement. Je pense que je suis arrivé au bon moment. Il faut dire aussi que les militants clandestins, hommes de l’ombre, n’ont pas souvent l’occasion de passer dans la lumière ! Avant de les filmer, je les ai vus individuellement quatre fois. Le rapport de confiance s’est installé peu à peu. Je leur ai promis de respecter leur parole et de ne pas les trahir. J’avais cette responsabilité. »[/vc_column_text][vc_video link= »https://vimeo.com/78091363″ animation= »left-to-right »][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″]

Construit principalement à partir d’entretiens, d’archives filmées, de photos et de quelques reconstitutions soignées de scènes d’enquêtes, de surveillances et d’attentats, le documentaire plonge le spectateur dans une histoire complexe dont il parvient subtilement à éclairer les zones d’ombres. « Il s’agissait de resituer le FLB dans le contexte de l’époque. La Bretagne vivait une période difficile sur le plan économique. Elle se sentait délaissée et sous-développée. C’est sur ce terreau de mécontentements et de frustrations que le mouvement nationaliste a pris appui. J’ai essayé de comprendre les militants que j’ai interrogés et de m’inscrire dans leur logique ».
Et dans le commentaire qui clôt le deuxième volet, le réalisateur, qui n’a aucun lien avec ce mouvement, donne son sentiment : « De 1966 à 1979, en 13 années, le FLB a revendiqué 248 attentats. Sans doute, les bombes du FLB n’ont-elles pas eu la résonance que leurs auteurs leur prêtaient. En Bretagne, elles n’ont pas éveillé les consciences ni fait progresser l’idée d’indépendance. Mais cette voix bruyante a incontestablement forcé les pouvoirs publics à regarder là où ils ne voulaient pas voir et à agir là où ils ne voulaient rien faire ».

Nathalie Marcault

Photo en Une : Hubert Béasse, réalisateur de  »Les années FLB »
« Les années FLB » sera diffusé en deux parties les 9 et 16 novembre à 15 h 20 sur France 3 Bretagne. Le film est une coproduction Vivement Lundi ! / France Télévisions avec la participation d’Histoire, en association avec l’INA avec les soutiens du CNC, du Conseil général des Côtes d’Armor, de la Procirep et de l’Angoa.

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]