[Sortie nationale] Faire parler les silences de l’histoire franco-algérienne : « L’Arabe » de Malek Bensmaïl

Le 4 novembre 2026, L’Arabe, le nouveau long métrage de Malek Bensmaïl, arrive en salles. Inspiré du roman Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud, le film redonne un nom et une histoire à Moussa, l’homme assassiné par Meursault dans L’Étranger d’Albert Camus. Dans l’Algérie des années de plomb, un jeune journaliste recueille le témoignage du frère de la victime et ouvre une enquête vertigineuse sur les silences de l’Histoire, la mémoire coloniale et un passé qui continue de traverser les relations entre la France et l’Algérie.

Coproduit par la société bretonne Tita B Productions, L’Arabe fait dialoguer fiction et mémoire pour interroger ce que l’Histoire laisse dans l’ombre et ce que les générations héritent d’un passé parfois douloureux. À l’occasion de cette sortie nationale, Films en Bretagne donne la parole au producteur Fred Prémel, qui revient sur la genèse du projet, ses défis de fabrication et sa nécessité artistique et sociétale, ainsi qu’à l’acteur Dali Benssalah, qui évoque son histoire familiale, son attachement à l’Algérie et son expérience de tournage dans ce pays.

Au-delà de sa sortie nationale, le film ira également à la rencontre des publics en Bretagne grâce à une tournée régionale organisée par Zoom Bretagne, du 30 novembre au 8 décembre 2026. En parallèle, le webmédia KuB met en lumière plusieurs films produits par Tita B Productions, accessibles librement en ligne. Une invitation à découvrir le film en salles et à faire vivre, au-delà de l’écran, les récits et les mémoires qui nous relient.

Retour d’expérience de Fred Prémel, co-producteur du film

Fred Prémel est producteur depuis 2006, spécialisé en coproductions internationales. Après une dizaine d’années à Marseille, il se réinstalle en Bretagne en 2015 et fonde Tita B Productions avec Laurence Ansquer. Il est impliqué dans les projets collectifs comme le Pôl·e Audiovisuel Douarnenez Cornouaille, Films en Bretagne ou l’Archipel des Récits.

Nous avons besoin en France d’un autre regard sur l’Algérie pour apaiser les douleurs et combattre le racisme. La société française n’a rien réglé depuis 1962. Une génération entière de femmes et d’hommes, jusqu’à leurs arrière-petits-enfants, a perdu beaucoup de temps et subit encore les conséquences de ce conflit. L’histoire de la relation franco-algérienne doit être racontée, pas seulement par les historiens mais aussi par la fiction, et par le cinéma.

En septembre 2021, à la lecture du scénario, j’ai un immense coup de cœur. Pour la qualité de la dramaturgie proposée par Malek et Jacques Fieschi, mais aussi pour le rôle historique et sociétal que peut jouer cette œuvre de cinéma dans les relations franco-algériennes. Il tisse une toile reliant 80 années d’histoire, de 1942 à 2022, en faisant dialoguer deux œuvres littéraires francophones de premier plan : Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud (Prix Goncourt) et L’Etranger d’Albert Camus (Prix Nobel). Je veux produire ce film parce que son propos est inédit dans la fiction contemporaine et nécessaire.

À mi-distance entre Alger et Paris, Malek Bensmaïl est un des rares cinéastes contemporains à pouvoir mettre en scène l’Algérie d’aujourd’hui. Au moment de notre rencontre, il porte le film depuis la sortie du roman en 2014.

Je sais la difficulté de produire un 1er film de fiction, et celui-ci comporte de nombreux challenges au niveau de la mise en scène : reconstitution historique, effets spéciaux, saisons, différentes époques… Ces arguments sont avancés par les responsables des chaînes de télévision et les distributeurs pour refuser le projet sur scénario. J’entends souvent : le texte est magnifique, mais le film est trop risqué. Pourtant je sais, et le comprends encore plus aujourd’hui à l’approche de la sortie du film, que ce n’est pas là que le bât blesse. C’est juste que l’indépendance de l’Algérie n’est toujours pas digérée. Raconter cette histoire avec un autre regard que celui de militaires pendant la guerre de libération, ou le paradis perdu des pieds noirs, est le vrai risque que ne veulent pas prendre les agents du marché. Quelque chose résiste encore…

Les prises de vue ont eu lieu intégralement en Algérie entre décembre 2021 et octobre 2023, pour un total de 47 jours de tournage, un nombre élevé au regard du petit budget dont nous disposions. Les choix de mise en scène nécessitaient les décors réels, la lumière éclatante estivale d’Alger pour les époques 40, 50 et 60, et la lumière d’hiver à Oran des années 90. Cela a impliqué plusieurs sessions de tournage à des époques différentes ; et des chefs de poste qui ont dû changer au cours de la production, ce qui a encore complexifié les choses.

Tita B Productions est aguerrie à la coproduction internationale (Les Sorcières d’Akelarre, 5 Goyas en Espagne ; 3 Jours à Quiberon, 10 Lolas en Allemagne ; Yalda la nuit du pardon, Grand Prix International à Sundance). Nous voulions réunir des coproducteurs des pays de la francophonie européenne, au regard de cette histoire partagée de l’Europe, de la décolonisation, des migrations, et des possibilités de distribution dans nos pays. Les pays coproducteurs sont la France (Tita B Productions), l’Algérie (Hikayet Films), la Suisse (Imago Film Lugano) et la Belgique (Need Productions). Je tiens à saluer l’engagement de TV5Monde qui est la seule chaîne de télévision française dans le plan de financement. Les acteurs traditionnels du marché français (TV, plateformes, distributeurs et vendeurs internationaux) n’ayant pas voulu accompagner le film, ce sont les institutions et les financements publics français et algériens qui ont joué un rôle prépondérant : le CNC (Avance sur recettes et fonds Images de la Diversité), la Région Île-de-France (aide aux coproductions minoritaires), le Ministère de la culture algérien (FDATIC et CADC) et l’Institut Français d’Alger. La coproduction avec la Suisse intervient à hauteur de 15 % du financement, au travers d’une intervention de la chaîne de télévision RTS / RSI et de l’aide à la coproduction minoritaire de l’OFC, et la Belgique avec le financement de TaxShelter.Be.

L’Arabe sort enfin en salles cette semaine (le 4 novembre 2026), cinq ans après que Tita B se soit engagée. Je suis très fier du film, d’autant que sa fabrication a été longue et difficile à de nombreux points de vue. Les comédiennes et comédiens sont épatant·es et l’équipe s’est donnée à corps perdu pour sa réussite. Il existera longtemps comme un outil au service du cinéma et de l’histoire des deux pays.

De gauche à droite : Fred Prémel, coproducteur, Malek Bensmaïl, réalisateur, et Dali Benssalah, acteur | Avant-première du film au Cinéma Arvor (Rennes) | Octobre 2026

3 questions à l’acteur Dali Benssalah

Accompagné du réalisateur Malek Bensmaïl

Dali Benssalah a grandi à Rennes. Champion de France de boxe thaï, c’est sa participation fascinante au clip Territory de The Blaze qui le révèle au monde entier. C’est ainsi qu’il intègre le casting du dernier James Bond. Depuis, il a tourné au cinéma sous la direction de Louis Garrel, Jeanne Herry, Romain Gavras, Eric Gravel et tant d’autres… Il interprète le rôle de Haroun dans L’Arabe de Malek Bensmaïl.

Malek Bensmaïl est né à Constantine. Après des études de cinéma à Paris et Saint-Pétersbourg, il analyse depuis 20 ans les contours et l’histoire d’une société algérienne complexe. Applaudis par la critique, ses films ont reçu de nombreux prix internartionaux. L’Arabe est son 1er long-métrage de fiction.

Films en Bretagne :

Dali, tu as grandi à Rennes. Pendant ces 20 années passées dans cette ville, qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir acteur, et quel a été ton parcours avant d’y arriver ?

Dali Benssalah :

Je ne savais pas vraiment que je voulais devenir acteur, c’est quelque chose qui est arrivé en cours de route. Comme dans beaucoup de petites villes de province ou dans les zones urbaines, il arrive un moment où on a l’impression que le ciel est un peu plus bas qu’ailleurs et on se sent limité. On entend des success stories à droite et à gauche, mais ça semble si lointain de nous.

Dans mon parcours initial, avec un bac ES puis une fac de sciences économiques, j’avais plutôt l’impression d’être un figurant. Après avoir économisé pendant trois ans, j’ai tenté une école de cinéma. Ce qui me plaisait, c’était le côté concret : apprendre des textes, les présenter devant un metteur en scène ou un professeur, puis construire une scène à partir de leurs retours. C’est aussi simple que ça ! Le fait qu’il y ait quelque chose de ludique m’a réconcilié avec l’école.

Je suis entré au Cours Florent en pensant que c’était une école de cinéma, mais je m’étais complètement trompé : c’était une école de théâtre ! Et finalement, qu’est-ce que le théâtre ? Je me suis retrouvé sur les planches, et on m’a expliqué que le théâtre commençait précisément là, dans ce que j’étais en train de faire. Me présenter, être sur scène, laisser une part de soi s’exprimer librement : c’est ça, le théâtre ! J’y suis resté, peut-être par fierté, bretonne ou algérienne, je ne sais pas encore.

Malek Bensmaïl, le réalisateur, ajoute : les deux sont compatibles !

J’étais dans mon tout petit appartement à Saint-Ouen et je me suis dit « okay, voici les conditions ». Je n’envisageais, cependant, aucun retour en arrière. Je me suis battu pour rester et joindre les deux bouts à Paris. Puisque je n’avais aucun filet de sécurité, il fallait que je travaille à côté. Plus je travaillais, plus je me rendais compte que j’étais en train de tomber amoureux du théâtre. Au début, il y a la découverte. Une professeure me conseille de lire Beckett et Brecht. Ces livres, c’était de l’encre sur du papier, mais en regardant bien, on pouvait y déceler quelque chose. Et en décidant d’apprendre ces textes, je pouvais faire naître quelque chose. Il y avait alors cette possibilité de créer sur le moment avec mes collègues et camarades.

Comme le disait Antoine Vitez : « L’acteur est un poète qui écrit sur le sable ». Il y a ce moment particulier entre les témoins et les participants, qui nous est cher, nous appartient et nous permet d’avancer. Carpe diem (rires).

L'ARABE de Malek Bensmaïl

Films en Bretagne :

Tu incarnes le jeune Haroun, le frère de Moussa, “l’Arabe sans nom” de L’Étranger, auquel Kamel Daoud redonne une histoire dans Meursault, contre-enquête. Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce projet ? Était-ce avant tout la perspective de travailler avec Malek en tant que réalisateur, ou est-ce l’écriture et le personnage qui t’ont convaincu ?

Dali Benssalah :

Avoir Malek comme réalisateur faisait évidemment partie des raisons, mais il y avait aussi quelque chose de plus personnel qui résonnait en moi. Chez mon père, il y avait une petite bibliothèque remplie de babioles et de quelques livres. Parmi eux, on pouvait voir Meursault, contre-enquête (rires). Je ne l’avais jamais ouvert, mais je l’ai toujours vu. Ce livre publié chez Actes Sud, un peu fatigué et tordu dans tous les sens.

Quand j’ai reçu le scénario, ça a évoqué quelque chose de très intime. Je me suis tout de suite rappelé la couverture de ce livre et j’ai été pris de curiosité comme jamais auparavant. Mon père connaissait déjà le travail de Malek. J’avais vu l’un de ses documentaires mais sans savoir qu’il en était le réalisateur. En creusant un peu, j’ai tout de suite compris que son travail était quelque chose de vraiment spécial.

Après avoir lu le scénario, j’ai eu envie de lire le livre. Je me suis dit que, quelle que soit la suite, je vivais déjà un moment précieux et très intime. Lors de ma lecture du roman, j’ai retrouvé cette impression de vivre une page d’Histoire avec un grand H, que j’avais déjà pu ressentir lors de mon expérience avec La Dernière Reine.

Le parcours d’Haroun et de sa mère à travers ces différentes époques est traité avec beaucoup de subtilité et de beauté. Les changements de couleur et la manière dont est peint chaque époque sans jamais forcer le trait, accompagnent le spectateur. C’est comme une clé de lecture, mais tout en délicatesse.

Et quand j’ai découvert la liste des acteur·ices, c’était encore un élément qui s’ajoutait aux autres. À ce stade, je n’avais plus qu’une envie : commencer.

L'ARABE de Malek Bensmaïl

Films en Bretagne :

Dali, tu es né d’une mère française et d’un père algérien et tu as grandi en Bretagne. Quel est ton rapport au cinéma algérien et au fait de tourner dans ce pays ? Plusieurs de tes projets liés à l’Algérie ont une portée forte, comme le clip Territory de The Blaze ou L’Arabe, qui propose une nouvelle représentation de son histoire. Quel est ton rapport avec tout ça ?

Dali Benssalah :

Je choisis généralement mes projets au coup de cœur. Je ne cherche pas à être un porte-étendard ou un ambassadeur du cinéma algérien. Sinon, je serais en Algérie et y travaillerais toute l’année. Cependant, quand je reçois un projet de la part d’un réalisateur ou d’une production algérienne, je regarde avec un double intérêt parce que, évidemment, ça me touche particulièrement.

Ma mère est française, mon père est algérien. J’ai passé beaucoup de temps en Algérie, où je me rendais chaque été pendant un mois et demi. J’y suis allé pour la première fois quand j’avais 1 an, pendant la décennie noire. J’ai une vraie connexion avec ce pays, il est lié à ma famille. Lorsqu’on y va, ce sont systématiquement des retrouvailles.

Ce qui m’a plu dans le clip de The Blaze, c’est qu’il a été tourné en Algérie. Beaucoup de tournages et de productions françaises n’osent pas tourner dans ce pays. En 2016, lorsqu’on m’avait annoncé qu’il serait potentiellement tourné là-bas, j’ai répondu « Donc, au Maroc ? ». La plupart des films étaient tournés au Maroc et non en Algérie, notamment par peur des complications liées aux autorisations. Le Maroc était très en avance sur les tournages et l’industrie du cinéma.

Lorsque j’ai retrouvé Malek, le drapeau algérien avait été hissé parmi les pavillons du Marché du Film, au Festival de Cannes, où j’étais invité cette année-là. On a eu une table ronde autour de ça, une conférence pour inviter les productions étrangères à venir tourner en Algérie et leur dire « N’ayez pas peur » (rires).

Je suis très séduit par l’authenticité du cinéma algérien. Quand j’étais plus jeune, je regardais des films algériens et j’avais une affiche de La Montagne de Baya dans ma chambre. Ça a toujours fait partie de ma culture et ça me plaît énormément de pouvoir travailler en Algérie. Il y a une vraie fierté, ça me touche. J’aime l’idée de pouvoir faire de beaux films en France mais aussi en Algérie. J’aime participer à ce cinéma, même s’il n’a pas vraiment besoin de moi. Il y a déjà de grands cinéastes, des acteurs et tellement d’histoires à faire. Quand je peux en faire partie, je suis heureux d’y être invité.

Avant-première du film au Cinéma Arvor (Rennes) en présence, notamment, de Fred Prémel, coproducteur, Malek Bensmaïl, réalisateur, et Dali Benssalah, acteur | Octobre 2026

Propos recueillis par Films en Bretagne, octobre 2026.

Une tournée régionale du film

Organisée par Zoom Bretagne

Zoom Bretagne organise une tournée régionale : plusieurs projections-rencontres – avec le réalisateur Malek Bensmaïl – auront lieu du 30 novembre au 8 décembre 2026 dans plusieurs salles de cinéma de Bretagne.

Zoom Bretagne a pour objectif d’améliorer la connaissance, la diffusion et l’accompagnement des œuvres cinématographiques et audiovisuelles produites et/ou tournées en Bretagne.

Des films de Tita B Productions à (re)découvrir librement !

Sur Kub

KuB propose de (re)découvrir près de 9 films produits par la société Tita B Productions.

KuB (Kultur/Bretagne) incarne l’ambition de la Bretagne dans les domaines de la culture et des nouveaux médias. Sur KuB : des documentaires, clips, webcréations, films de fiction et plein d’autres œuvres en libre accès !

+ d’infos sur le film

L’Arabe de Malek Bensmaïl

1h46 | France, Algérie, Belgique, Suisse et Arabie saoudite| Sortie le 4 novembre 2026

Dans l’Algérie des années de plomb, sur fond de décennie noire, Kamel, jeune journaliste, tente de faire émerger une parole enfouie. C’est à Oran qu’il rencontre Haroun, un retraité solitaire, qui lui livre une histoire sidérante : il serait le frère de « l’Arabe » assassiné dans L’Étranger d’Albert Camus. Cet Arabe, dont le nom effacé était Moussa, devient alors le point de départ d’une relecture de l’Histoire, entre mémoire coloniale, silences familiaux et violence politique.

Avec : Ahmed Benaïssa, Hiam Abbass, Dali Benssalah, Nabil Asli, Amina Ben Ismaïl, Raphaël Thiery, Brahim Derris

Scénario et adaptation : Jacques Fieschi et Malek Bensmaïl
Réalisation : Malek Bensmaïl
Musique originale : Nicolas Rabæus
Producteurs : Hachemi Zertal et Fred Prémel
Image : Gilles Porte (AFC) et Lionel Jan Kerguistel (AFC)
Montage : Matthieu Bretaud et Julia Grégory
Son : Carlos Ibanez Diaz et MoncefTaleb
Mixage : Maxence Ciekawy
Costumes : Edith Vesperini, Lylia Lakhoua et Hadjira Tafat
Maquillage : Houria Mecheri et Samia Boukrataoui
Décors : Saad Ould Bachir et Lamine Mohamed Amrani
Casting : Fouad Trifi et François Guignard

Producteurs délégués : Hikayet Films (Algérie) et Tita B Productions (France)
Coproducteurs : CADC (Centre Algérien de Développement du Cinéma) et Imagofilm Lugano (Suisse)
En coproduction avec RSI Radiotelevisione svizzera / SRG SSR (Suisse) et Red Sea Film Festival Foundation (Arabie Saoudite)

Avec la participation de Ministère de la Culture et des Arts (Algérie), CNC – Centre National du Cinéma et l’image animée, Fonds Images de la Diversité – Agence Nationale de la Cohésion des territoires, Région Île-de-France, OFC – Office fédéral de la culture (Suisse), IFA – Institut Français d’Algérie, AFAC – Arab Fund for Arts and Culture, Doha Film Institute, Archipel 35, TV5MONDE

En coproduction associée avec Need Productions, Shelter Prod (Belgique) avec le soutien de Taxshelter.be et ING, Tax Shelter du Gouvernement Fédéral de Belgique

Distribution France : Les Films des deux rives

Un film distribué par :

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