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Délicat d’évoquer un film en cours de réalisation. Mais le projet est loin d’être anodin : il surprend à la fois par les enjeux politiques qu’il contient, finalement exceptionnels en animation, son mode de narration saisissant, qui s’enrichit d’un récit par alternance autant que d’une esthétique assez singulière, et sa production qui a conduit Carlos Gomez Salamanca, artiste colombien au regard neuf, à réaliser l’essentiel de son film en Bretagne. Traversons donc l’Atlantique à rebours, et refaisons en sa compagnie la route qui l’a conduit de Bogota jusqu’aux studios de JPL Films à Rennes.

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Lupus est né d’un fait divers. Décembre 2011, Carlos Gomez Salamanca en découvre la dimension tragique devant son écran de télévision. Un veilleur de nuit a été dévoré par une meute de plus de vingt chiens errants, redevenus des loups, maraudant par les rues de Bosa, quartier de la périphérie de Bogota. Lupus reconstitue l’histoire, avec ses protagonistes : chiens, veilleur de nuit, mais aussi banlieue de Bogota, ville devenue personnage comme elle grandit, incontrôlée. Leurs parcours s’articulent jusqu’à la nuit de l’attaque. Le court métrage pense donc la ville.

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Le thème urbain anime les débats en France depuis quelques lustres, interroge vivement sociologues, politiques, investisseurs, consommateurs de métropoles. L’espace de la ville a aussi été exploré par les poètes (il faut relire le Terminus Rennes de Jacques Josse, édité par Apogée) ou par le théâtre (le travail de l’Arpenteur à Rennes depuis trente ans est exemplaire). Mais le sujet est inédit dans l’animation bretonne. On s’en étonne : on a vu des courts métrages bretons s’éprendre de la ville ou d’une architecture, comme dans L’Homme aux bras ballants de Laurent Gorgiard, Le Cyclope de la Mer de Philippe Jullien, ou encore Les Escargots de Joseph de Sophie Roze, parfois avec puissance, en tout cas en cohérence avec l’univers poétique imposé par les personnages, mais sans véritable enjeu politique ou social, hormis peut-être, de façon atrophiée, dans Thé et Gaufrettes de Delphine Priet-Mahéo. Comme si l’animation en volume était condamnée à hanter des territoires sans conséquences. Tout au contraire dans Lupus, la ville est un lieu d’affrontements violents : d’un côté une modernité urbaine sans garde-fou, et de l’autre une conception brute, meute de chiens errants mordant qui empiète son habitat. Et c’est une poésie, mais sauvage, mêlée d’un sang malade, qu’injecte dans son film Carlos Gomez Salamanca, poète de l’animation au rehaut de brutalité qui aurait lu et Céline et Rimbaud.

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Soutenant son propos politique et social, une esthétique s’affirme d’abord dans la volonté de l’artiste de créer des séquences en peinture. Formé en Colombie au sein d’une école équivalente à celles des Beaux-Arts, mais finalement moins intrigué par la toile achevée que par l’œuvre en cours de création, il peint des portraits qu’il photographie ensuite, touche après touche, recouvrement après recouvrement, formant ainsi une suite d’images.

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L’énigme de l’œuvre organique, en cours de création – œuvre picturale, chair humaine : le vieillissement des images anticipant, certainement, le vieillissement des corps -, le conduit peu à peu vers une forme d’animation expérimentale enrichie de séquences médiatiques : il photographie des écrans de télévision, qu’il peint ensuite, comme ses portraits. Se dessinent alors les contours d’une œuvre, entre documentaire et peinture, entre ce qui se tient pour vrai, et ce qui se tient pour beau, entre décomposition et composition. Dans la continuité de ce travail, pour Lupus, Carlos recompose donc des images d’écran de télévision, de caméras de surveillance, ou de vues d’intérieur de la cabane du garde qui se fera attaquer par les chiens. Recompose, fait, défait les corps.

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Mais à ces séquences en peinture, Carlos ajoute un procédé nouveau, sculptural, sorte de maquette d’architecte en expansion afin de représenter un projet de ville utopique. Sans expérience technique du volume animé, il aura recours aux professionnels de l’animation bretonne, dont Jean-Marc Ogier et Fabienne Collet, qui sauront s’adapter à ses requêtes exigeantes autant qu’il devra s’adapter à leur logique, et la nécessité parfois de penser à rebours. Leur confier la création de nombreux plans (pressentir que son œuvre pourrait lui échapper) n’a pas été bien aisé pour l’artiste, surtout lorsque son mode de création, aussi tactile que la peinture animée, touche à l’intime. Au final, « une expérience très enrichissante », dit Carlos, « et plastiquement certains plans sont d’un niveau excellent. J’adore travailler ici, entouré de gens très pro. »

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L’animation en Colombie est un secteur d’activité en plein essor, mais tourné davantage vers la publicité ou la télévision, et quasi exclusivement en 2D ou en 3D. Les studios qui promeuvent l’animation expérimentale sont peu nombreux. Carlos Gomez Salamanca travaille pour sa part au sein d’un studio indépendant, une petite structure quasi familiale, Nocroma, avec laquelle il réalise son premier film, Carne, en 2012. Le court métrage, remarquable, se concentre sur des rites paysans qui égorgent et dépècent un mouton. Les images filmées par ses soins, puis peintes en noir et blanc, agressives, violentes, crues, mais aussi parfois à la limite de l’abstraction, ont été d’abord conçues en vue d’une installation de plasticien. Elles deviennent court métrage, sélectionné en compétition au Festival international d’Annecy de 2013 : « C’est là-bas que j’ai découvert pour la première fois mon film sur grand écran », dit-il. Il y rencontre alors Nidia Santiago, d’Ikkifilms, jeune société de production aujourd’hui  installée en Région Centre, qui trouve son travail intéressant au point de lui proposer une collaboration.

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À cette coproduction internationale viendra s’ajouter JPL Films, éminemment séduit par la puissance artistique du projet. Finalement, Lupus se réalisera presque entièrement au sein de la société bretonne, non seulement pour les séquences sculpturales et l’animation en volume qui ont fait sa réputation, mais encore pour les séquences de peinture animée, Carlos Gomez Salamanca trouvant en Lisa Klemenzqui anime elle-même de la peinture sur verre, un appui d’autant plus précieux qu’elle s’avèrera une parfaite traductrice.

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En débarquant en Bretagne, l’artiste colombien a connu les sentiments de l’exilé : « J’ai eu froid ». Il a dû apprendre à soutenir un rythme de production, voire une certaine pression artistique, auxquels son premier film ne l’avait pas habitué. Surtout, la perte de son quotidien lui faisait perdre aussi son mouvement intérieur, un moteur émotionnel. Et, ayant commencé à travailler sur des séquences qui devaient être « sauvages », il s’est trouvé désappointé : « Elles étaient trop dociles », explique-t-il. Il a dû effectuer un travail sur lui-même pour restituer à ses images la vigueur qui leur manquait.

Lupus reste ainsi un film colombien. Il repose sur la culture des fait divers qui, au fil des décennies, en viennent à occuper la première page des journaux, peu à peu plus crus, plus brutaux. Le film dit encore de façon poignante la ville de Bogota, synthétise les motifs de l’appauvrissement, de l’expansion urbaine brutale, de l’insécurité. Mais il ne laissera certainement pas de frapper l’esprit de tout spectateur, ici comme ailleurs, tant la menace du sauvage semble désormais universelle. Et c’est le mérite du studio breton, dont la ligne éditoriale s’affirme avec clarté, de pouvoir s’ouvrir aux regards étrangers, à d’autres cultures, et de porter des résistances.

Vincent Dréano

Propos de Carlos Gomez Salamanca traduits par Lisa Klemenz

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