[vc_row][vc_column width= »1/1″][mk_gallery images= »10623″ style= »grid » column= »1″ image_size= »crop » height= »444″ hover_scenarios= »fadebox » item_spacing= »8″ margin_bottom= »20″ frame_style= »simple » collection_title= »Affiche en forme d’épitaphe collée sur l’ancien bâtiment de TV Breizh. Copyright Emmanuelle Debaussart. » disable_title= »true » image_quality= »1″ pagination= »false » count= »10″ pagination_style= »1″ order= »ASC » orderby= »date » item_id= »1427977940-551d36d42bb1d »][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″]

Le 21 mai 2013, TV Breizh quitte définitivement Lorient pour le siège du Groupe TF1 à Boulogne-Billancourt. Ce départ signe également la fin du Pôle Image, inauguré en septembre 2000, dans les arsenaux désaffectés de la Marine nationale. Les locataires du quai du Péristyle, – sociétés de production et agences de communication – , jusqu’à présent hébergées à bas coût par Lorient Agglomération, déménagent petit à petit. Un nouveau plan d’urbanisme est en cours d’élaboration. Retour vers le futur.

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A l’origine de ce projet de structuration de la filière audiovisuelle à Lorient : Rozenn Milin. D’origine bretonne, cette journaliste, réalisatrice et productrice milite pour la sauvegarde des langues régionales dont le breton qu’elle parle depuis son plus jeune âge. Parce que son parcours est un exemple de persévérance, Patrick Le Lay, alors PDG de TF1, lui confie, à la fin des années 90, une mission d’étude de faisabilité sur l’implantation d’une chaîne en Bretagne.

Jean-Yves Le Drian est alors maire du deuxième port de pêche français. Il propose de créer un Pôle Image dans sa ville. Les activités portuaires sont sur le déclin et il choisit de ne pas tout miser sur la mer. Un combat s’engage pour favoriser l’implantation d’un diffuseur à Lorient, chaînon essentiel dans l’économie de l’image. TV Breizh, une chaîne de télévision généraliste française privée, dont les principaux actionnaires étaient François Pinault (27%) et TF1 (22%), s’installe en 2000 dans les locaux désaffectés de l’enclos du Port de Lorient.

Sur TV Breizh, les téléspectateurs câblés – à l’époque surtout à Paris – visionnent des films, des séries, des dessins animés en breton. L’information est traitée sous forme d’émissions et de magazines. Le 2 septembre 2000, France 3 est sur le pont pour couvrir le lancement de la chaîne, un événement qui rassemble des musiciens, des personnalités politiques, des chefs d’entreprise, le public lorientais et Rozenn Milin, la directrice générale de TV Breizh.

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En amont de la création de la chaîne puis pendant 13 ans d’activités, un millier de professionnels ont travaillé à la production et à la réalisation de programmes au sein du Pôle Images. Ambra Rittore, salariée de TV Breizh du début à la fin, témoigne : «Jai commencé à travailler sur les programmes jeunesse de TV Breizh en 1999 puisquil fallait prévoir les adaptations et les doublages des séries avant même le lancement de la chaîne. Durant la période faste, lorsque nous produisions un journal quotidien, nous étions 49 salariés permanents. Puis, lorsque nous sommes devenus un pôle de diffusion en 2004, les effectifs sont progressivement passés à 33. Cest bien sûr sans compter tous les intermittents et les sociétés de production qui se sont implantés à Lorient pour travailler avec TV Breizh. Les anciens locaux de larsenal étaient un lieu approprié pour nos activités. Nous avons construit un studio dans les anciennes cuisines de la Marine nationale. Même si, au moment du lancement, nous vivions dans un lieu en travaux, c’était un grand plaisir de participer à la création d’une chaîne. » 

L’implantation de la chaîne à Lorient a pour effet de drainer des sociétés extérieures à la ville. Grâce au Pôle Image, Lorient parvient à concentrer le quart des entreprises de production audiovisuelle de Bretagne au début des années 2000 : Arsenal Productions, filiale de Morgane Productions, Pois Chiche Films et Her-Bak, Néfertiti Ouest.

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En 2000, la société Her-Bak investit 750 000€ dans un pôle de post-production comprenant un studio de post-synchronisation et de doublage en langue bretonne. L’auditorium de La Découverte est construit à proximité des locaux de TV Breizh. Thierry Gainié, fondateur et directeur de Her-Bak, se souvient : « Nous voulions être complets en termes de doublage, travailler aussi bien sur des dessins animés que sur des fictions lourdes. Lauditorium a été conçu par Jean-Marc Vernaudon. Cest une boite dans la boite. Il a fallu couler une dalle en béton dans le bâtiment entre les caves et les cuisines de larsenal, pour totalement linsonoriser. Lingénieur du son Pierre-Albert Vivet a suivi toute la construction. Depuis le Plan Marshall, la France est devenue lun des pays les plus performants en matière de doublage, ce qui nécessite aujourdhui une organisation quasi-industrielle. » 

De 2000 à 2010, tous les programmes en breton de TV Breizh sont doublés à La Découverte. En 2003, la mission est transmise par la Région Bretagne à l’association Dizale,  chargée de promouvoir la langue bretonne.

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Samuel Julien, le directeur de l’association, retrace l’histoire du doublage en Bretagne. « Dizale a été créée en 1998, avant larrivée de TV Breizh, avec pour objectif dencourager la création dune télévision bilingue. La question du doublage sest rapidement posée pour la nouvelle chaîne bretonne qui décide de lexternaliser. Je suis embauché en 2003 par lassociation pour moccuper du doublage des programmes pour TV Breizh. Dizale qui a dabord loué La Découverte à Her-Bak la rachète – via la société Kae Deken 2006. Nous nous sommes diversifiés afin de garder une indépendance vis à vis de la chaîne du Pôle Image. Nous collaborons occasionnellement avec France 3 Bretagne et nous co-produisons des programmes en breton avec lUnion Régionale des Programmes des chaînes locales. Nous diversifions notre catalogue de films doublés grâce aux commandes de Daoulagad Breizh et de la plateforme en ligne Brezhoweb à partir de 2008. En dix ans de doublage, nous avons trouvé un équilibre entre programmes jeunesse, fictions, documentaires et des oeuvres plus audacieuses comme le doublage du film 9 songs de Mickaël Winterbottom

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Dans un premier temps, les parts d’audience de TV Breizh ont décevantes. La chaîne se situe autour de la  20e  place dans le classement des 80 chaînes thématiques, pour une part de 0,2 % d’audience. L’impossibilité d’obtenir une fréquence hertzienne par le  CSA ne permet pas à la chaîne de développer son potentiel d’audience. Ces blocages provoquent le départ de Rozenn Milin, et la reprise en main de la chaîne par le Groupe TF1. Dans le même temps, la programmation voit sa part bretonne baisser, avec la disparition de plusieurs projets en production, au profit de séries américaines et de productions de TF1. Le but est de passer au-dessus de la barre des 1% d’audience de façon à capter plus de ressources publicitaires, ce que la chaîne fait dès février 2004 en se hissant par la même occasion à la 4e place des chaînes du câble et du satellite.

TV Breizh cesse donc de produire des programmes pour devenir un pôle de diffusion. L’arrêt du doublage des films est effectif à partir du 31 décembre 2008. Le doublage d’Appolo 13 clôt 8 années de programmes en breton. « Depuis Lorient, outre TV Breizh, nous diffusions notamment les chaînes Stylia (anciennement Odyssée), Histoire et Ushuaïjusqu’à ce que TV Breizh rejoigne le Groupe TF1 à Boulogne-Billancourt en 2013. Sur les 33 salariés, 10 sont repartis avec la chaîne, les 23 autres nont pas souhaité quitter la région », explique Ambra Rittore. 

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Le départ de TV Breizh résonne comme la fin d’une époque à Lorient, celle du Pôle Image. Depuis quelques années, la ville de Lorient souhaite rouvrir et ré-urbaniser l’enclos du Port, dont l’accès au public n’était plus interdit depuis l’implantation du Pôle Image. L’objectif principal du projet est de « raccrocher la ZAC du Péristyle à la ville, valoriser le rapport à leau, constituer un pôle culturel autour de la thématique de la Compagnie des Indes, anticiper la venue de programmes exceptionnels où se mêleront logements, bureaux et commerces. »

En premier lieu, un parking souterrain agrémenté d’espaces ludiques est construit à l’entrée du site. Puis, la toute nouvelle Maison de l’Agglomération est inaugurée fin 2014 sur le quai du Péristyle. Un deuxième bâtiment est en construction qui accueillera des logements et le Crédit Agricole. L’association Idées Détournées y a déjà ses ateliers de recyclage ouverts au public. Les deux bâtiments restants sont ceux du Pôle Image : le bâtiment de TV Breizh contenant La Découverte sera détruit en 2015; la date de démolition de l’hôtel des officiers est repoussée pour l’instant à 2016.

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Les locataires du bâtiment de TV Breizh : Plurielles Productions, Lyo Productions, Her- Bak et Dizale ont trouvé des solutions de relogement sur Lorient et Plouharnel sans parvenir à trouver un lieu commun. « La ville de Lorient ne nous accompagne pas véritablement dans nos démarches même si la destruction du Pôle Image ne remet pas en question nos activité», précise Samuel Julien. « Nous ne sommes pas parvenus à trouver rapidement un local pouvant accueillir toutes les entreprises restées au Pôle Image. Dizale a des contraintes techniques particulières, celle par exemple de trouver un local dune hauteur de plafond de 4 mètres minimum, pour lauditorium. » Dizale vient d’emménager à Plouharnel dans les anciens bâtiments de la communauté de communes de Quiberon. « Nous y avons construit un studio provisoire dans lequel nous pouvons accueillir trois comédiens en même temps au lieu de dix à La Découverte. Nos méthodes de travail sont à revoir ! Nous nous laissons deux ans pour envisager la construction dun nouveau Pôle Image, condition sine qua non pour avoir un équipement adapté aux besoins en Bretagne. Les discussions sont ouvertes à Auray et Quimper avec dautres professionnels et entreprises. Nous sommes toujours attachés à Lorient, mais pas au-delà des prix du marché  », conclut Samuel Julien.

Du Pôle Image de Lorient, il ne reste donc plus que l’hôtel des officiers, rebaptisé Péri’styles par ses locataires. Films en Bretagne y est hébergé depuis 2007 ainsi qu’une douzaine d’entreprises et micro-entreprises œuvrant dans le domaine de l’information, la communication, l’audiovisuel et le multimédia. Cet espace loué par la Ville de Lorient appartient aujourd’hui à la famille des « tiers-lieux » : à la fois épicentre de l’Union des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel en Bretagne, bureau des travailleurs indépendants, rampe de lancement pour de jeunes entreprises, espace de vie et d’échanges informels pour les professionnels en proie aux mutations du secteur de l’information et de la communication en région. Les locataires préfèrent rester optimistes même si les dernières années ont été compliquées, et le futur incertain. A Lorient, grâce au Pôle Image, les synergies entre professionnels sont réelles. Les passerelles entre hier et demain sont à construire, une nouvelle ère commence.

Pauline Burguin

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