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Un long-métrage de fiction produit et réalisé en région n’est pas un évènement courant. Quand en plus, il embauche une majorité de techniciens de Bretagne, donne un premier rôle à une Rennaise, est co-produit par des télés locales puis post-produit sur place, on se pince : c’est carrément exceptionnel. C’est pourtant le cas du premier long-métrage de Bénédicte Pagnot, « Les lendemains », produit par Gilles Padovani (.Mille et Une. films) actuellement en tournage entre Rennes et Caen.

Le lieu de tournage du jour est un immeuble à moitié inhabité, dans le nouveau quartier de la Courrouze à Rennes. Arrivé sur place, pas de camion-lumière ni de câbles envahissant les coursives, pas de Louma à l’horizon. Les seules grues sont celles du chantier alentour. On se demande si on ne s’est pas trompé d’adresse quand on frappe à la porte d’un appartement silencieux. C’est pourtant bien là. Un carton de gélatines de couleur et une housse de trépied en témoigne discrètement. Dans cet appartement qui sent encore la peinture fraîche, les deux jeunes actrices répètent tranquillement une scène où elles se mettent d’accord sur les règles de leur colocation, tandis que l’opérateur sur le balcon filme le passage d’un TGV.

Le tournage de fiction le plus discret de l’Ouest a commencé depuis deux semaines, à Rennes, à l’Université, à la Maison des Associations, ou dans un supermarché. L’équipe technique du film est très légère : une douzaine de techniciens*, sans aucune machinerie et avec très peu de lumière. Un choix dicté par les contraintes économiques ? Gilles Padovani, le producteur, s’en défend : « Si on avait eu plus d’argent, on aurait pu mieux payer les gens, mais on n’aurait pas changé ce parti pris. Bénédicte préfère travailler dans une approche proche de celle du documentaire, sans être trop encombrée par la technique. » La contrepartie de cette économie de moyen est un luxe en matière de temps : 8 semaines de tournage. Pour un film à petit budget, c’est exceptionnel. Le choix de tourner en numérique, avec une Sony F3 qui fait des miracles dans les faibles expositions, et celui du chef opérateur, Matthieu Chatellier, qui a réalisé plusieurs documentaires, vont dans le même sens. « Je n’aime pas les grosses équipes, ajoute Bénédicte Pagnot, avec 10-12 techniciens, je peux rester proche des uns et des autres, ça me donne davantage de souplesse et de temps pour travailler avec les comédiens, répéter et même improviser. Ça me permet aussi de tourner dans un milieu « réel » avec de « vrais » gens : une manif, un piquet de grève. » Cela amène aussi une ambiance étonnamment détendue sur le plateau. Bénédicte fait peu de prises, pas plus de 6 ou 7, mais souvent longues. Les biceps du perchman se souviennent d’une scène improvisée qui a duré 17 minutes.
Les lendemains raconte le parcours initiatique d’Audrey, une jeune fille simple et insouciante qui, dans les années d’après Bac, au fil des hasards, des rencontres et des coups durs, bifurque vers la marge du radicalisme politique jusqu’à franchir la ligne blanche. Cette exploration des métamorphoses d’une jeune adulte frôlant la marge est un thème de prédilection pour Gilles Padovani. On le retrouve dans plusieurs des documentaires qu’il a produit, (Dix-sept ans, de Didier Nion, ou La mort de Danton d’Alice Diop,) ou dans le court-métrage Mauvaise graine, qui lui a permis de roder sa collaboration avec Bénédicte Pagnot. « C’est vrai que c’est un thème qui nous est cher, à Bénédicte comme à moi. Cet âge où l’on n’est pas encore sur des rails, où tout est possible, est assez fascinant.»[/vc_column_text][mk_image src= »https://filmsenbretagne.org/wp-content/uploads/2014/05/161_27_septembre__Audrey.jpg » image_width= »800″ image_height= »350″ crop= »true » lightbox= »false » frame_style= »simple » target= »_self » caption_location= »inside-image » align= »left » margin_bottom= »10″][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″]

Pour incarner ce personnage principal, une jeune comédienne dont c’est le tout premier rôle : Pauline Parigot, la petite fille de Guy Parigot, comédien et metteur en scène de théâtre, à l’origine du Théâtre National de Bretagne. Hasard de l’histoire, cette rennaise de 19 ans a été découverte à Paris par la directrice de casting Christel Barras (Tomboy) qui connaissait ses parents de longue date et l’avait déjà croisée enfant. « Quand je l’ai vue, ça a été une évidence, raconte Bénédicte Pagnot, elle est comme Beppie, l’héroïne du documentaire de Johan Van Der Keuken, de 1965 : une fraîcheur et une malice en même temps. À la fois capable d’être dans la peau d’une jeune fille candide et d’une rebelle. »
Pour la jeune actrice, l’histoire ressemble à un conte de fée. À peine inscrite à l’école d’acteur Claude Mathieu à Paris, la voilà propulsée premier rôle d’un long-métrage. Trouve-t-elle cela stressant ? « Non, j’essaie juste de bien jouer, d’être authentique. L’ambiance est décontractée. La seule difficulté a été d’embrasser mon copain dans le film (César Domboy, déjà vu dans La princesse de Montpensier et le téléfilm E-love). Pas évident, un baiser de cinéma ! »

Bénédicte Pagnot a commencé à écrire le scénario en 2004. Le projet a obtenu l’avance sur recette fin 2008, puis l’aide de la Région Bretagne dans la foulée. Ensuite Arte, Canal+ et France Télévision ont fait lambiner le producteur, avant de refuser d’entrer dans la danse les uns après les autres. TV Rennes 35 et l’Unité des télévisions locales de Bretagne sont les seules télévisions dans la coproduction, à hauteur de 60 000 euros. Un site participatif destiné à compléter le financement a été mis en place avec touscoprod.com., l’apport espéré étant de 150 000 euros. Le tout devrait constituer un budget dépassant à peine le million d’euros.
Dans les prochaines semaines, l’équipe se transportera à Caen, pour des séquences dans un squat avant un retour à Rennes, pour des scènes à la prison des femmes. À noter le courage de l’Université de Rennes 2 qui a refusé de prêter ses amphis de fac, sans doute effrayée par le thème de la radicalisation politique. Pour les scènes de cours de sociologie, l’équipe a dû se rabattre sur un cours de biologie moléculaire, à Rennes 1.
Dès novembre, le film devrait entrer en montage, à Rennes, avec comme monteuse Marie-Hélène Mora (La fabrique des bons sentiments, Violence des échanges en milieu tempéré) La post-production aura aussi lieu sur place, assurée par la société de Yan Legay, AGM Factory, qui vient de s’installer à Rennes et qui est coproductrice du film. Si tout va bien, le film sera prêt au printemps, juste à temps pour aller à Cannes. Les lendemains qui chantent ?

Philippe Baron

*L’équipe technique :
Assistant réal : Valentin Dahmani et Liza Guillamot
Image : Matthieu Chatellier assisté de Julien Guillery
Son : Corinne Gigon et Paul Etienne Mondain
Déco : Marine Blanken. Costumes : Virginie Bauchet
Scripte : Maryline Brulé. Direction de production : Laurent Harjani
Régie : Stephen Seznec assisté de Mathieu Le Coz[/vc_column_text][mk_padding_divider size= »30″][mk_content_box heading= »En savoir + » animation= »left-to-right »][vc_row_inner][vc_column_inner width= »2/3″][mk_fancy_title tag_name= »h2″ style= »true » color= »#393836″ size= »14″ font_weight= »inhert » letter_spacing= »0″ margin_top= »0″ margin_bottom= »18″ font_family= »none » align= »left »]Lien(s) en relation avec ce sujet[/mk_fancy_title][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″]Le site de la production
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