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Singes enchanteurs, guerrières surfant sur des lances, hommes-crocodiles armés de scies… Avec son premier film documentaire, Garuda Power, l’esprit du cinéma d’action indonésien, Bastian Meiresonne nous invite à découvrir un pan de l’histoire du cinéma aussi riche que méconnu.

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Le soleil se couche sur Jakarta. Des projecteurs s’allument, tandis que des hommes s’affairent à planter des piquets et tendre un grand drap blanc. Ils installent un « layar tancap », un cinéma en plein air. Patiemment, le public se rassemble. L’écran de fortune s’illumine bientôt, révélant une forêt brumeuse où déambule un guerrier d’un autre temps, vêtu comme Jaka Sembung, super héros de bande dessinée incarné par Barry Prima dans une flopée de films des années 70/80. Lui aussi fait face à une toile blanche…

Ainsi débute Garuda Power, l’esprit du cinéma d’action indonésien, premier film documentaire de Bastian Meiresonne, qui se propose de balayer 90 ans de films de castagne produits dans l’archipel. Un genre encore peu connu du public et des critiques mais que le réalisateur d’origine belgo-allemande affectionne depuis longtemps.

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C’est enfant que Bastian découvre le cinéma asiatique, quand, de retour d’un voyage au Japon, son père ramène dans ses bagages un magnétoscope Bétacam et quelques cassettes. Les yeux écarquillés, le petit garçon visionne alors quelques classiques de Kurosawa en compagnie de sa mère, qui, pour pallier l’absence de sous-titres, lui raconte la trame du récit. Ce n’est que des années plus tard que Bastian se rendra compte qu’elle ne comprenait pas non plus un traître mot des dialogues. Mais la fascination pour l’esthétique et le rythme de ces bandes ne s’éteint pas, loin de là. Mordu, l’adolescent suit de près le cinéma chinois, taïwanais, philippin, coréen… « Ce n’était pas de l’élitisme ou du snobisme », se souvient-il, « Je trouvais quelque chose dans ces films que je ne trouvais plus dans le cinéma américain, et encore moins dans le cinéma français. J’appréciais tous les genres. Encore aujourd’hui, j’aime autant les oeuvres de Wang Bing (1), que les films de zombies avec des filles à gros seins. Le cinéma, c’est selon moi avant tout de l’émotion. »

Bastian assouvit alors sa passion en écrivant des critiques. Il se fait bientôt un nom en postant sur internet plus de trois mille articles et en collaborant à différentes revues comme Mad Asia, Kumite ou Asia Pulp. Une érudition dans une cinéphilie extrêmement vaste qui l’amène tout naturellement à travailler avec de nombreux festivals comme consultant et programmateur. Mais l’envie de passer derrière la caméra le titille depuis longtemps. Il est aussi diplômé de l’ESRA, et c’est en réalisateur qu’il s’imaginait lorsqu’il a quitté l’école à la fin des années 90, bien décidé à concrétiser ses envies cinématographiques. Hélas, il doit renoncer un temps à ses ambitions pour gagner sa vie.

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En 2012, The Raid de Gareth Evans connaît un succès fracassant. C’est le déclic pour Bastian : « The Raid a suscité un très fort engouement. La critique en a fait l’étendard du cinéma d’action indonésien, alors que c’était un genre moribond depuis un moment. Par contre, pendant près d’un siècle, ce type de films avait été particulièrement florissant et avait occupé une très grande partie de la production nationale. En retracer l’histoire m’a paru important, car ça n’avait jamais été fait auparavant. »

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Avec sa caméra Sony C-300, Bastian entreprend donc de relater cette histoire et commence à filmer ses différents interlocuteurs : réalisateurs, critiques, acteurs… Produit par Shaya Production, Garuda Power sera intégralement tourné en Indonésie. Mais pour trier et organiser les 33 heures de rushes qu’il a accumulées, Bastian tient à revenir en Bretagne, une région qu’il habite depuis l’âge de douze ans. Patiemment, il va monter et finaliser le film en compagnie de Cédric Tromeur, qui vient de créer à Rennes son studio de post-production, GARUDA productions. Un nom rappelant le titre du film et qui renvoie à Garuda, homme oiseau mythologique et emblème de l’archipel.

Le cinéma d’action Indonésien : une appellation assez vague pour une production pléthorique qui débute dans les années 20 sous l’occupation hollandaise, avec des adaptations de légendes comme The magic monkey (1926), et qui va s’émanciper au fil des décennies, se moulant dans un marché qui se transforme sans cesse : récits mythologiques, adaptations de comic books, thrillers érotiques ou ersatz de Rambo et Terminator… Un cinéma multiforme et déjanté qui est généralement relégué dans la catégorie « nanars ».

Et s’il est effectivement difficile de garder son sérieux devant les décapitations grand-guignolesques et les acrobaties délirantes de la série Jaka Sembung, Bastian se défend d’être un geek ébahi devant l’univers de ces films. Son approche est autant historique que politique. Pour construire son documentaire, il lui a d’abord fallu faire un véritable travail encyclopédique et tenter de mettre en place une chronologie viable. « Il existe une sorte de cinémathèque qui ressemble plus à un lieu de dépôt qu’à autre chose » souligne-t-il, «  J’ai fait de nombreuses recherches, j’ai même parfois retrouvé la trace de films dont personne n’avait entendu parlé, y compris les spécialistes indonésiens. » Certaines images du film donnent d’ailleurs une idée de l’ampleur de la tâche, comme ce plan montrant des bobines 35 millimètres prenant la poussière au milieu des ruines…

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Côté tournage, l’Indonésie ne brille pas non plus par une rigueur exceptionnelle. Ainsi, une séquence du film nous montre la réalisation d’une série télévisée d’action. Au menu, cascades, effets pyrotechniques et lévitation des comédiens dans les airs. A la fin de la longue journée de travail de 16 heures,  50 minutes de films seront dans la boite, pour une diffusion parfois le soir même ! De quoi coller des complexes aux équipes de Plus belle la vie…

 

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Au niveau du jeu d’acteur, ce n’est pas vraiment l’actor’s studio, mais plutôt une gestuelle très stylisée, proche de la danse et du cinéma muet. Avec parfois des accidents dignes des tournages épiques de Buster Keaton, comme en témoigne  l’acteur Jerry Yess. Le visage légèrement hémiplégique, il revient sur sa terrible chute, lorsque, lors d’une cascade, il a sauté par la mauvaise fenêtre avant de se rompre le cou deux étages plus bas, à quelques mètres du matelas censé le réceptionner !

Malgré la ringardise assumée de certaines productions et le manque évident de moyens, Bastian ne jette jamais un regard complaisant sur ce cinéma populaire qui, malgré de nombreuses censures politiques et économiques, a fait feu de tout bois pendant des décennies, se nourrissant d’influences chinoises et américaines. « Ce qui est passionnant avec le cinéma d’action indonésien, » analyse-t-il, « c’est qu’il contredit les clichés disant que ce genre de films est décérébré, que c’est juste de la castagne. Quand on suit son évolution, on découvre que les auteurs y œuvrant en ont toujours profité pour faire passer des idées libertaires en contrebande. C’était par exemple un exutoire face au pouvoir totalitaire dans les années 80. » A l’époque, l’Indonésie est dirigée par le dictateur Soeharto depuis bientôt 30 ans, et nombre de cinéastes dispensent entre deux mâchoires fracassées leur discours contestataire.

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Alors que Garuda Power vient d’être vendu aux éditions Wild Side pour figurer dans l’édition DVD de The Raid 2, Bastian ne semble pas prêt de lever le pied. Dans les starting-blocks : deux nouveaux documentaires sur le cinéma asiatique, ainsi qu’un long-métrage de fiction qu’il aimerait intégralement réaliser en Bretagne. Compte-il adopter à cette occasion les méthodes de tournages indonésiennes ? Rien n’est moins sûr…

Jean-Claude Rozec

(1) De retour du Black Movie festival de Genève, Bastian Meiresonne en a profité pour inviter le réalisateur chinois Wang Bing à faire un détour par Rennes. Dans le cadre de Comptoir du Doc, à l’institut Confucius, l’auteur de Crude oil et du Fossé a en effet accepté de dispenser une masterclass aux étudiants rennais, suivie par la projection de son avant dernier film, Les trois sœurs de Yunnan.

 

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