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Zoom Bretagne entame sa deuxième année d’activité. Initiée par la Région Bretagne en 2013, cette mission valorise la production cinématographique bretonne sur le territoire. Rencontre avec Rosemonde Roussey, chargée de mission.

Rosemonde Roussey est enthousiaste. « Le bilan de cette première année d’exercice de Zoom Bretagne est positif ! » déclare celle qui est arrivée aux commandes de cette mission en janvier 2013. « Même si elle manque encore d’un peu de visibilité sur le territoire, ça s’arrange petit à petit avec l’ouverture, en septembre dernier, de notre site Internet et l’envoi régulier de newsletters. » Pas toujours facile, en effet, de se faire une place dans un paysage audiovisuel déjà très dynamique en la matière à l’échelle régionale. « Il faut savoir se différencier tout en rassurant les autres structures de diffusion que Zoom Bretagne n’est pas leur concurrent mais une proposition complémentaire. »

Davantage de films bretons en salles

Cette mission bénéficie d’un budget de 100 000 € par an, sur trois années. Elle a été confiée à Cinéphare « pour notre savoir-faire en termes d’accompagnement et de promotion de films, rappelle Rosemonde, et parce que notre ligne éditoriale est basée sur la qualité artistique des films, sans oublier le réseau régional de salles de cinéma que nous touchons déjà. » La Région Bretagne, qui finance Zoom Bretagne, voulait valoriser davantage la production audiovisuelle bretonne en permettant aux films (documentaires, courts-métrages et fictions) tournés en Bretagne ou réalisés et produits par des structures et cinéastes bretons de trouver leur public dans les salles. « De nombreux films sont tournés tous les ans en Bretagne. La région regorge de cinéastes talentueux, elle est aussi très sollicitée pour les tournages grâce à son potentiel de décors naturels, à son savoir-faire technique. Des festivals, des associations font déjà très bien ce travail de valorisation et depuis longtemps mais ils ne peuvent cependant pas tout montrer. »

Mais faut-il tout montrer ? « Non. Nous effectuons une sélection pour déterminer quels sont les films que nous allons soutenir. En revanche, nous mettons en ligne sur notre site toutes les informations concernant les films tournés, produits en Bretagne. Nous en informons aussi les diffuseurs. Il n’y a pas de censure ! Les films retenus que nous décidons d’accompagner ont une qualité artistique et cinématographique. Cette sélection se fait dans un premier temps par l’équipe de Cinéphare. Ensuite, les films présélectionnés sont soumis à un petit comité composé de deux ou trois professionnels de la diffusion et de l’exploitation. Ils choisissent à leur tour les films qui feront l’objet d’une tournée. »[/vc_column_text][mk_gallery images= »3054″ column= »1″ height= »415″ frame_style= »simple » disable_title= »false » image_quality= »1″ pagination= »false » count= »10″ pagination_style= »1″ order= »ASC » orderby= »date »][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″ animation= »right-to-left »]

La tournée d’un film consiste à regrouper un maximum de projections pour un film. Elles seront accompagnées par le réalisateur, un acteur, une association, etc. Les structures qui l’accueillent prennent en charge le forfait de location, le couvert et le gîte de l’intervenant ainsi que son déplacement vers le lieu suivant. Zoom Bretagne prend en charge l’aller-retour de l’intervenant entre son domicile et la Bretagne, ainsi que sa rémunération avec un maximum de dix dates. Point d’achoppement avec les autres associations de diffusion bretonnes qui y voient un déséquilibre entre les moyens de Zoom Bretagne et les leurs. Elles craignent que les réalisateurs préfèrent être accompagnés par Cinéphare. « Je ne vois pas ça sous cet angle, réagit Rosemonde Roussey. Déjà, lorsqu’un réalisateur accompagne son film, il ne s’arrête pas à la seule rémunération, c’est pour lui un moment important de la vie de son film. C’est un véritable engagement de sa part en terme de temps et c’est pourquoi nous avons décidé d’accompagner cette démarche. Mais il n’y a pas de règle et surtout chaque association de diffusion fait en fonction de ses moyens. Nous espérons que les financeurs augmenteront leurs subventions pour permettre à toutes les associations d’indemniser correctement les intervenants. »

Une dizaine de films accompagnés

En 2013, Zoom Bretagne a soutenu huit films (1) bénéficiant d’une sortie nationale et un programme de courts métrages. Leur tournée dans les salles de cinéma s’est appuyée sur des partenariats avec des structures de diffusion comme Côte Ouest, Daoulagad Breizh, Cinéma35 ou des associations d’aide à la distribution comme l’AFCAE (Association Française des Cinémas Art & Essai) et l’ACID (Association pour le Cinéma Indépendant et sa Diffusion). On est encore loin du but visé des vingt films par an mais cette première année d’activité s’est concentrée sur le réseau déjà existant des salles de cinéma de Cinéphare « car c’est celui que nous connaissons le mieux pour le moment », fait remarquer Rosemonde. « De plus, les cinémas ont eu une année plutôt difficile en termes de fréquentation, d’où une certaine frilosité de leur part qui par ricochets a un peu « pénalisé » notre mission. Mais 2014 sera sans aucun doute meilleure en ce qui concerne le nombre de films soutenus et de lieux de diffusion. Nous commençons d’ores et déjà à élargir la promotion des films aux médiathèques et associations de diffusion culturelle. »
La difficulté pour Zoom Bretagne est que ces lieux de diffusion ne fonctionnent pas comme une salle de cinéma. Leurs calendriers sont moins souples et nécessitent de s’y prendre très à l’avance. Ils fonctionnent souvent par département et chaque équipement diffère d’un lieu à l’autre. « Notre but est de proposer au public des séances accompagnées d’un intervenant dans des conditions de projection optimum. Dès janvier 2015, nous souhaitons renforcer les projections dans les médiathèques en dehors du Mois du Film Documentaire en proposant, certes toujours quelques documentaires, mais également des films de fiction, d’animation, pour le jeune public, une aide à l’acquisition en se joignant à la commission DIVA (2). Pour l’instant nous espérons démarrer avec le Finistère et le Morbihan pour nous développer très vite ensuite dans les deux autres départements. Et les partenariats avec les autres associations de diffusions implantées en Bretagne seront bien évidemment les bienvenus. Ces dernières ont une réelle connaissance du terrain et du mode de fonctionnement avec les médiathèques et les centres culturels grâce à leur collaboration de longue date, notamment à l’occasion du Mois du Film Documentaire. »
Ainsi, Zoom Bretagne a fourni une aide logistique à Daoulagad Breizh pour la programmation des films Qui a tué Louis Le Ravallec ? de Philippe Guilloux et Lann Vraz de Soazig Daniellou. « Dans ce cas de figure, nous ne sommes que partenaires d’une manifestation mise en place par un autre organisateur. Nous avons pris en charge les frais liés à l’intervention du réalisateur. Daoulagad Breizh s’est occupé de tout le reste. Nous sommes tout à fait ouverts et même favorables aux propositions des associations. Si le film est dans notre ligne éditoriale et que nous sommes prévenus à temps, nous serons ravis de pouvoir travailler avec elles. »

Perspectives

Zoom Bretagne poursuit donc sa mission de diffusion avec entrain et optimisme. Les idées ne manquent pas ! Cette deuxième année d’activité promet de belles nouveautés parmi lesquelles le lancement d’un service de VOD avec une vidéothèque Viméo accessible gratuitement en ligne pour les professionnels, un projet qui devrait s’élargir au grand public dans les années à venir. Également la création d’un RaDI (3) breton afin de promouvoir la création bretonne en format court. Vingt-cinq salles de cinéma ont déjà manifesté leur intérêt pour intégrer ce réseau dont l’adhésion s’élèverait à environ 300 € (selon le nombre de films au catalogue), à l’exception des salles déjà adhérentes au réseau national géré par l’Agence du Court Métrage et qui seraient exonérées de ces frais. La mise en circulation de ces films est prévue pour le mois de septembre prochain.[/vc_column_text][mk_gallery images= »3055,3056,3057″ column= »1″ height= »298″ frame_style= »simple » disable_title= »false » image_quality= »1″ pagination= »false » count= »10″ pagination_style= »1″ order= »ASC » orderby= »date »][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″ animation= »right-to-left »]

D’ici là, Rosemonde Roussey ne va pas chômer. Une tournée du film Mon Lapin bleu de Gérard Alle est organisée dans les cinémas début juin, Retour en Algérie d’Emmanuel Audrain continue son aventure, tout comme Ricardo Cavallo ou le rêve de l’épervier de Isabelle Rèbre. La prochaine saison ouvrira en beauté avec le ciné-concert Empreintes vagabondes, une composition musicale originale sur des films amateurs bretons portée par Clair-Obscur, la Cinémathèque de Bretagne et Zoom.

Nicolas Le Gac

(1) Crawl d’Hervé Lagouttes, Au bout du bras de la France de Zoé Chantre et Vincent Vedovelli, Les Lendemains de Bénédicte Pagnot, Entrée du personnel de Manuela Fresil , un programme de courts métrages Made in Breizh, Monstres pas si monstrueux (programme de courts métrages d’animation comprenant deux films réalisés en Bretagne), Lann Vraz de Soazig Danielou, Avec Dédé de Christian Rouaud et Les Chevalières de la table ronde de Marie Hélia.
(2) La commission DIVA dépend de Livre et lecture en Bretagne et regroupe les responsables du fonds audiovisuel des médiathèques. Cet atelier a pour mission de statuer sur les nouvelles acquisitions de films, ainsi que sur la mise en œuvre d’actions concrètes autour du cinéma dans les médiathèques.
(3) Sur le modèle du RaDI (Réseau Alternatif de Diffusion) animé par l’Agence du Court Métrage à Paris et qui rassemble 300 salles de cinéma qui proposent à leur public des séances privilégiées associant aux projections de longs métrages des films courts en avant séance.
Photogrammes des films : Le lapin bleu, Retour en Algérie, Ricardo Cavallo ou le rêve de l’epervier.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]