Octobre, 2026
07Oct20 h 00 min"CinéfiLE" : PETITE CHÉRIE d'Anne VillacèquePROJECTION-RENCONTRECinéma Arvor

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Dans le cadre des séances "CinéfilLE" proposées à l'Arvor (Rennes) avec la cinéaste Pascale Breton et le soutien de la SACD, le film Petite Chérie d'Anne Villacèque, sera présenté
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Dans le cadre des séances « CinéfilLE » proposées à l’Arvor (Rennes) avec la cinéaste Pascale Breton et le soutien de la SACD, le film Petite Chérie d’Anne Villacèque, sera présenté – en sa présence – le mercredi 7 octobre 2026 à 20h00. La séance sera suivi d’une échange.
Édito de Pascale Breton :
Je me souviens bien de l’année 2000 en cinéma. C’est l’année où j’ai vu Eyes Wide Shut. Claire Denis avait sorti Beau Travail, Sofia Coppola Virgin Suicides, Lars Von Trier Dancer in the Dark, Wong Kar Wai In the Mood for Love, et chacun de ces films était porté à sa manière par le désir d’enterrer le 20ème siècle, et d’inventer
un nouveau cinéma. Mais comme souvent, j’ai raté le film qui m’aurait vraiment parlé de l’avenir. Je viens seulement de le découvrir au début de cette année. Ce film, c’est Petite Chérie, d’Anne Villacèque.
Petite Chérie, c’est une bombe metoo avec vingt ans d’avance, mais pas seulement. C’est la description du nouveau monde dans lequel nous entrions, une dystopie où on réside dans des galeries marchandes, des aéroports, des cités proprettes qui ressemblent à des maquettes, des banques, des trains de banlieue. Ce monde est pacifié. C’est à dire que le désir, les désirs n’y sont plus exprimés, vécus, mais enfouis, travestis, dans la guimauve de la romance d’un côté, par la mascarade pornographique de l’autre.
Tout cela est raconté de main de maîtresse jusqu’à une fin stupéfiante, par un découpage impitoyable, où la liberté des interprètes trouve un reposoir dans les cadres, et avec un humour qui évoque parfois Tati, parfois Kaurismaki.
Le titre présentifie la jeune fille (Corinne Debonnière, excellente). Ça aurait aussi pu être « Portrait d’un connard », tant le jeune et séduisant Jonathan Zaccaï va plus loin que tous les Raphaël Quenard réunis dans cette composition. Mais Anne Villacèque a raison de ne jamais s’éloigner du cœur palpitant et nourri à l’eau de rose de Sybille, car le récit gagne toujours à avancer aux côtés de l’énigme : c’est l’énigme qui révèle le monde et non l’inverse.
Quand ?
(Mercredi) 20 h 00 min
Où ?
Cinéma Arvor
11 Rue de Châtillon, Rennes
