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Il n’est pas semi-marathonien pour rien. Cet habitué des grandes distances va tirer sa révérence à l’issue de la 25ème édition de Travelling. Retour sur une belle et longue tranche de cinéma et de vie.

Eric Gouzannet avait envie d’une 25 ème édition festive et n’est pas peu fier d’avoir réussi à imposer Rio de Janeiro. Et pour ce mordu du football, il y sans doute un intérêt supplémentaire et personnel à inviter à Rennes le pays du ballon rond ! Depuis un quart de siècle, l’ambition renouvelée de Travelling est de faire découvrir des cinématographies étrangères, de braquer le projecteur sur la diversité des cultures et des peuples, à travers le regard des cinéastes. Londres, Berlin, Montréal, Tokyo, Istanbul, Jérusalem, Téhéran, Le Caire, Alger, Marseille… : autant d’incitations au dépaysement et à l’ouverture sur le monde.

Tout a commencé avec une joyeuse bande d’étudiants, amoureux fous de cinéma. Et déjà, l’horizon s’était élargi puisque dans le noyau dur des débuts, il y avait un Palestinien Hussam Hindi, un Allemand Markus Wannenwetsch, et trois Bretons Stéphane Roussel, Michel Guilloux et Eric Gouzannet. Rien d’étonnant à ce que leurs regards aient été tournés vers l’ailleurs. Certains d’entre eux ont suivi d’autes chemins professionnels, mais pour tous, la période intense des débuts restera marquante. Et c’est au sein d’un ciné-club universitaire que la belle aventure a pris forme. « A la fin des années 80, Hussam animait le ciné-club du département littéraire de l’Université de Rennes 2. Il projetait des films en 16 mm dans les amphis. Moi, j’étais objecteur de conscience et j’effectuais mon service civil au tout nouveau service culturel de la fac. C’est comme ça qu’on s’est rencontrés », raconte Eric Gouzannet.
C’est après avoir découvert ensemble le festival quimpérois Rencontres Art et Cinéma et en être revenus « conquis, heureux et enthousiastes », que Hussam a émis l‘idée et l’envie d’une manifestation autour du cinéma, en misant notamment sur le public estudiantin. Les deux compères ont créé Clair Obscur, l’association qui organise le festival et ont choisi le nom de  »Travelling » avec le désir avoué qu’il puisse rivaliser en qualité et en notoriété avec les deux autres T rennais : les Tombées de la nuit et les Transmusicales.
Encore fallait-il trouver un thème qui distingue la manifestation des autres festivals de cinéma. « Nous avions vu la magnifique exposition Cités-Cinés à Paris qui a eu un succès phénoménal. Elle proposait une déambulation dans des villes à travers des décors de cinéma et des extraits de films. Ca nous a inspirés. La ville nous a paru être une source inépuisable de cinématographie. Et comme le phénomène urbain et le cinéma étaient nés en même temps, cela nous paraissait très cohérent », se rappelle Eric.

Pour la première édition en 1990, pas de nerf de la guerre, mais une énergie soutenue et nourrie par plusieurs partenaires : l’Université de Rennes 2 avec Jean-Pierre Berthomé, alors prof de cinéma, et Anne Marie Conas, responsable du service culturel, le milieu professionnel breton (Catherine Delalande, Chantal Le Sauze, Erwan Moalic, ou encore Gilbert Le Traon) et d’autres étudiants passionnés de cinéma comme Stéphane Donikian et Eric Barbier. « Nous étions fauchés comme les blés. Un grand coup de pouce de l’Université Rennes 2, mais aucun autre partenaire institutionnel pour cette première édition. Nous avons choisi Londres pour des critères cinématographiques, – le cinéma britannique était en plein renouveau – mais aussi pour des raisons économiques. Faire venir les films et les réalisateurs ne coûtait pas trop cher ! ». Février étant une période creuse mais pas désertée par les étudiants, voilà le calendrier de la manifestation établi. Hussam prend en charge la programmation – il sera directeur artistique du festival jusqu’en 2006 -, Eric s’occupe de la gestion et de l’administration, le reste de la troupe se répartit l’accueil du public, la circulation des copies, bref : tout ce qui permet à un festival de tourner rond.

Nouvelles ambitions

Et le public répond présent. La fréquentation dépasse les espérances des organisateurs : 12 000 spectateurs au lieu des 9 000 attendus, dont 3 500 scolaires, « alors qu’on ne parlait pas encore beaucoup, à cette époque, de jeune public et d’éducation à l’image ». Forte de ce succès et du petit excédent budgétaire qu’elle a pu dégager, la belle équipe se lance dans une deuxième édition. Ce sera Rome. Mais l’Italie avec son cinéma sur le déclin – mise à part la météorite Nanni Moretti – ne fait pas recette. Dès lors, la pérennité du festival va se jouer sur la troisième édition : Berlin. « Elle a été déterminante et… magnifique ! Le mur venait de tomber, deux mondes apprenaient à se connaître, le contexte politique était passionnant. En outre, la maison de la Culture nous a donné accès à la salle Jean Vilar et ses 1 200 places. Nous avons pu initier les soirées d’ouverture, ce qui a été un levier incroyable. La fréquentation a bondi à 18 000 spectateurs. Après ce succès, nous savions qu’il y aurait d’autres éditions ».

La programmation des premiers festivals s’est faite à distance, puis ont commencé les voyages. « C’est à Montréal, en 1995, qu’on a découvert pour la première fois des gens du cinéma, qu’on s’est immergé dans ce milieu. Puis à Téhéran qui a été un vrai choc culturel, au bon sens du terme. Ca reste une des destinations les plus marquantes. Les codes culturels de ce pays sont tellement éloignés des nôtres ». Sans oublier la belle édition des Villes imaginaires, en 1999, consacrée au regard porté par le cinéma sur ce 21 ème siècle qui allait débuter : 40 000 spectateurs dans des salles qui ne désemplissent pas.
Au fil du temps, les jeunes gens ont multiplié les expériences et se sont professionnalisés. A sa création, le Festival du film britannique de Dinard les a recrutés. Hussam en est toujours le directeur artistique, Eric qui était le grand ordonnateur logistique l’a quitté en 1998. « C’est à Dinard que nous avons touché nos premiers salaires. Et comme l’organisation de Travelling et de Dinard ne m’occupait pas toute l’année, j’ai travaillé pour d’autres festivals, 48 en tout, dont le Festival international du film de La Rochelle pendant 10 ans, et le Festival du court métrage de Brest, toujours comme qu’administrateur ou gestionnaire ». A la tête de Clair Obscur, tout en continuant l’activité de la diffusion cinématographique à l’université, Eric a développé l’éducation à l’image. Ce partenariat culturel a démarré avec l’ouverture de l’enseignement du cinéma au Lycée Bréquigny de Rennes. L’association a participé à la coordination de Ecole au cinéma et Collège au cinéma, puis à un moment, de Un Été au ciné et plus tard, à l’échelle de la Bretagne, de Lycéens et apprentis au cinéma, cette activité lui permettant de consolider son assise.

A l’heure de passer la main, Eric Gouzannet dresse un bilan plutôt positif. L’enfant de Bégard – « fasciné » par les premiers films vus grâce au cinéma itinérant qui faisait halte dans la MJC de son village des Côtes-d’Armor – a pu étancher sa soif de culture à travers la découverte sur grand écran d’une diversité cinématographique sans limites. Et en faire profiter un large public. Si diriger Clair Obscur est aujourd’hui toujours aussi passionnant, il en a aussi perçu les limites. Dans un contexte de raréfaction des soutiens, Eric reste confiant dans l’avenir du festival et de l’association qui « se dotera d’une nouvelle direction et écrira une nouvelle page de son histoire ». « Ce sera l’occasion pour Clair Obscur de se donner de nouvelles ambitions et de monter de nouveaux projets ».
Lui sera parti vers d’autres horizons cinématographiques. Sous l’égide de la ville de Rennes, il est associé avec Patrick Frétel, Président de l’Arvor, au projet d’un cinéma d’art et d’essai dans le quartier sud de la gare : 5 salles et un lieu d’accueil convivial d’échanges qui verraient le jour en 2018. « Je prends un risque. Mais c’est dans ma nature et c’est aujourd’hui, à 52 ans, qu’il faut le faire ! ».

Nathalie Marcault
Photo de Une : Ertic Gouzannet devant l’affiche de Travelling Rio et portant les couleurs de l’équipe nationale de football du Brésil !NTRE ou contactez Films en Bretagne au : 02 56 54 22 87.[/vc_column_text][mk_custom_box bg_color= »#f6f6f6″ bg_position= »left top » bg_repeat= »repeat » bg_stretch= »false » padding_vertical= »30″ padding_horizental= »20″ margin_bottom= »10″ min_height= »100″ animation= »left-to-right »][mk_fancy_title tag_name= »h2″ style= »false » color= »#393836″ size= »14″ font_weight= »inhert » margin_top= »0″ margin_bottom= »18″ font_family= »Open+Sans:400,600,700,800″ font_type= »google » align= »left » animation= »left-to-right »]En savoir plus[/mk_fancy_title][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″ animation= »left-to-right »]Liens

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