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Belle quatorzième édition à l’échelle bretonne : 316 séances et une fréquentation assidue. Le public, curieux et avide de rencontres s’est massé, dans les salles. Focus sur la manifestation dans les Côtes d’Armor et l’association coordinatrice, Double Vue.

Sabine Gombert-Gouérou de Double-Vue, l’association coordinatrice du Mois du Film Documentaire dans le département, a de quoi être fière de l’édition qui vient de se terminer : 76 projections et 55 films au compteur dans 45 communes du département. Et une fréquentation en hausse puisque la manifestation a enregistré près de 4 300 entrées (contre 3800 en 2012) ! Un beau palmarès qui nous a donné envie d’en connaître la recette. Un petit tour par les coulisses s’imposait…

Des exigences techniques soutenues

« Le Mois du Film Documentaire marche très bien dans les Côtes d’Armor », reconnaît Sabine Gombert-Gouérou. « Le Conseil général y est très impliqué : il prend en charge une partie du coût1 de la projection qu’organise chaque structure participante, il s’implique aussi financièrement dans la mise à disposition d’un régisseur mobile qui assure les projections et l’installation du matériel dans les salles qui ne sont pas équipées ». Une initiative unique en Bretagne et qui épargne aux réalisateurs bien des mauvaises surprises : films en 16/9 projetés au format 4/3, trapèze de l’image, etc. Une vraie garantie pour les spectateurs d’apprécier pleinement le film grâce aux bonnes conditions de projection.
« Nous veillons à sensibiliser les programmateurs aussi bien sur le plan technique que sur le plan artistique », ajoute Sabine Gombert-Gouérou. « Dans l’année, nous organisons trois journées de visionnement et, avec les autres structures coordinatrices départementales bretonnes, nous mettons en place une formation pour les salles partenaires. Les pistes de réflexion portent sur l’animation du débat et sur des notions techniques. Ces journées sont l’occasion de consolider le réseau mais aussi de faire une piqûre de rappel sur le cinéma documentaire. Il est important que les programmateurs aient conscience que le documentaire, c’est avant tout du cinéma, qu’il y a un travail de montage, un point de vue, des partis pris de réalisation qui regonflent et renouvellent notre regard. Il faut que le débat qui suive la projection aborde ces notions. Le Mois du doc, c’est l’opportunité de discuter de la réalisation d’une œuvre et de ce qu’elle nous donne à voir ».

Mission éducative

Ce travail au long cours que mène Sabine Gombert-Gouérou et avant elle Véronique L’Allain est le cheval de bataille de Double Vue. Créée en 1998, l’association a pour mission un travail d’éducation à l’image. Son champ d’action est le 7ème Art dans sa globalité, dans sa diversité. Mais depuis 2006, année où l’association s’est vue confier la coordination départementale du Mois du Film Documentaire, elle s’est tournée davantage vers le cinéma du réel et sa diffusion. Afin de sensibiliser les programmateurs, l’association préfère les échanges et les rencontres avec les auteurs aux discours théoriques. À chaque journée de préparation de la manifestation automnale est associé le réalisateur d’un des cinq films visionnés. Des master-classes (animées cette année par Nathalie Marcault et Manuela Frésil) viennent compléter la sensibilisation des structures partenaires. Pour accéder à ces formations, rencontres, visionnements, conseils de programmation, vidéothèque de l’association, etc., l’adhésion des structures à Double Vue est essentielle et permet ainsi de mettre à disposition des lieux qui en ont besoin du matériel de projection pendant le Mois du Doc.

Point fort du Mois du Doc, la rencontre avec l’auteur du film

Comme le souligne Denis Coursol du Café Théodore de Trédrez-Locquémeau, « le public vient parce que le film est suivi d’une rencontre. Pour notre premier mois du doc en 2007, nous avions eu cinq personnes. Aujourd’hui, elles sont quarante ! Petit à petit, le public s’est fidélisé. Ici encore prédomine le désir de se former : former son regard et ses oreilles ». La découverte du cinéma documentaire se fait à travers plusieurs approches : locales avec les films tournés en région ou portant sur des problématiques économiques, sociales ou historiques locales, les classiques et incontournables du genre (Marker, Rouch, Van Der Keuken, etc.) et les courts métrages toujours présents en première partie de séance. « En général, on aime partager des films originaux qui nous tirent vers le haut ». Quant au choix des films, Denis Coursol fait une bonne partie de ses emplettes lors des journées de visionnement qu’organise Double Vue. « C’est un premier test, voir les films dans ces conditions, à plusieurs, c’est bien. Ça nous permet de sentir les réactions des autres, comme s’il y avait un public ».

Une alternative aux circuits de programmation dans les salles de cinéma

Neuf établissements costarmoricains se sont joints à la manifestation cette année. Un chiffre en légère hausse (six en 2012) mais qui reste cependant faible (le département compte près de 20 cinémas). Sans doute parce que ces salles n’estiment pas nécessaire d’être soutenues et accompagnées dans leur choix de programmation. Ce n’est pourtant pas l’avis de Sylvie Lagrue, programmatrice du cinéma associatif L’Argoat à Callac, géré par l’association La Belle Equipe. Elle met en avant l’avantage que présentent les journées de visionnement organisées par Double Vue : « elles permettent de découvrir des films autres que ceux dont j’ai connaissance par les circuits habituels. Double Vue met aussi à notre disposition des DVD si nous voulons visionner d’autres films que ceux sélectionnés pour ces journées ». Sylvie Lagrue apprécie également la présence quasi systématique d’un collaborateur du film et l’organisation de cette logistique par la coordination départementale qui n’est pas négligeable : « ça fait du Mois du doc un événement à part. Sa différence avec le Doc du mois que nous organisons tout au long de l’année, c’est l’accompagnement des films que garantit la manifestation. Et le public sait que c’est un rendez-vous régulier, cela nous permet de lui proposer des films un peu plus « pointus ». Il l’accepte plus facilement, même si nous nous soucions toujours de ne pas trop s’éloigner de ses goûts ». Le film Léviathan, programmé à L’Argoat le 4 novembre dernier, en est un parfait exemple. Le critère principal de sélection, c’est le coup de cœur comme pour le reste de la programmation annuelle, « on ne présente bien qu’un film qu’on aime ! », précise Sylvie.

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Cahier des charges exigeant

La particularité de l’exemple costarmoricain est l’attention particulière de Double Vue à encourager une programmation cinéphile, de qualité (avec toute la subjectivité que cela sous-entend). Un cahier des charges invite les structures participantes à faire le maximum pour rassembler les ingrédients indispensables pour assurer des projections techniquement correctes et accueillir au mieux les intervenants. Un comité de pilotage2 veille au respect de ce cahier des charges et apporte des réponses aux programmateurs. Il émet aussi un avis sur le choix de films quand ceux-ci ne font pas partie de la liste des œuvres présélectionnées par Double Vue, afin d’éviter certaines erreurs de programmations (films de type magazine, reportage, film amateur etc.).

Le succès du Mois du Film Documentaire dans les Côtes d’Armor est issu d’une belle alchimie entre un réseau solide mis en place et animé par Double Vue et la relation de confiance qui s’est instaurée, au fil des années, entre cette structure coordinatrice et les programmateurs. Une mutualisation des moyens (CAC SUD 22, l’ODCM – l’Office de Développement Culturel du Mené – et l’association Ty Films à Mellionnec mettent à disposition leur matériel de projection pour les lieux non-équipés) et le fruit d’une collaboration étroite avec le Conseil Général qui s’investit de manière franche et conséquente dans cet événement. Rappelons que le Conseil Général des Côtes d’Armor a signé une convention avec le CNC pour une aide à la réalisation concernant le documentaire de création. Le cinéma documentaire est donc bien loti dans les Côtes d’Armor et a encore de beaux jours à venir !

Nicolas Le Gac
1 les dépenses éligibles pour la prise en charge par le Conseil général des Côtes d’Armor sont celles liées à la venue de l’intervenant et au coût de diffusion du film. Elles sont plafonnées à 460€ par séance et prises en charge à 50%.
2 Comité de pilotage composé d’un représentant des salles de cinéma (Sylvie Lagrue de l’Argoat à Callac), des médiathèques (Emmanuelle Jolivet de la médiathèque de Lannion), de la bibliothèque départementale des Côtes d’Armor (Serge Abgrall), du service culture et vie associative du Conseil Général (Gaëlle Baudouin) et de Double Vue (Bernard Mazzinghi, président et Sabine Gombert-Gouérou, coordinatrice de projet). Il se réunit plusieurs fois dans l’année pour débattre du choix des films, de l’organisation du Mois du doc.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]