IRENE FRACHON, DROIT AU COEUR sur France 3 (Bretagne & national) et les chaînes locales


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Irène Frachon, Droit au cœur, documentaire écrit et réalisé par Anne Richard est diffusé sur les chaînes régionales et France 3 national pour la première fois :

  • France 3 Bretagne « La France en vrai » : lundi 26 avril 22h50
  • France 3 National «  La ligne bleue » : jeudi 29 avril 22h35
  • Tébéo, Tébésud, TVR : jeudi 6 mai à 21h

Un film produit par Olivier Bourbeillon, Paris Brest Productions, avec la participation de France Télévisions.

Cela fait 10 ans qu’Irène Frachon l’attend : ce moment où face à la mer, elle pourrait se satisfaire du délibéré des juges dans le procès hors norme dit du Mediator.
Le Dr Irène Frachon, pneumologue à l’hôpital de Brest, est « celle par qui le scandale est arrivé ». Celle qui a lancé l’alerte de ce médicament nocif devant les autorités pour le faire interdire, l’a relayée dans les médias pour en faire une affaire, puis portée jusque devant les tribunaux.

Cela fait 10 ans qu’elle l’attend. Et quelque part moi aussi. Depuis que j’ai commencé à la filmer, à l’été 2010 à Brest, alors seule dans son combat. La vérité judiciaire pourrait-elle en proposer une fin ?

Quelques mots de la réalisatrice

J’ai été la première réalisatrice à m’intéresser à elle, tandis que le sous-titre de son livre « Mediator 150 mg- Combien de morts ? » venait d’être censuré par la justice, à la demande des laboratoires Servier.

Eté 2010 à Brest. Une femme en colère, mais calme. Des phrases fortes, mais simples. Une empêcheuse de tourner en rond sans en avoir l’air avec sa croix protestante et son chignon.

C’était ma première image d’elle, face au public de la librairie Dialogues venue la soutenir.

Au bout d’un an de tournage entre Paris et Brest, Irène avait fait éclater le scandale. Pendant ses 33 ans de commercialisation, 5 millions de Français avaient consommé du Mediator, presque 2000 en étaient mortes, et beaucoup d’autres dont on ignorait le chiffre avaient été atteintes par de graves lésions cardiaques. On accusait les agences de santé d’avoir été insensibles aux alertes, et les laboratoires Servier d’avoir trompé sur la nature du médicament dans le seul but de faire du chiffre. Journaliste, j’en ai tiré un premier documentaire L’affaire Mediator, qui racontait son combat avec Charles Joseph-Oudin, un jeune avocat de 28 ans et Gérard Bapt, député et vieux connaisseur des affaires de santé publique.

Je n’ai cessé de la filmer ensuite.

Irène est devenue une héroïne aux yeux des médias, la lanceuse d’alerte la plus célèbre de notre pays. Mais l’affaire sur son volet judiciaire ne faisait que commencer : enquête préliminaires, mises en examen, instruction, contestation des procédures…

Pour voir advenir sa vérité, il fallait attendre.

Constater le décès du principal accusé Jacques Servier, fondateur des Laboratoires Servier, à l’âge de 90 ans, voir mourir des victimes que j’avais filmées au tout début du scandale, voir l’état de santé des autres se dégrader.

Attendre encore.
Septembre 2019, le procès pénal s’ouvre enfin. C’est un procès hors norme prévu à l’origine pour 6 mois, aux 25 prévenus, 110 audiences, plus de 6500 victimes parmi les parties civiles, le plus long de l’histoire judiciaire française après le procès Marcel Papon. Pour Irène, c’est aussi celui de la criminalité à « col blanc » qu’elle dénonce sans discontinuer depuis 10 ans dans l’industrie pharmaceutique.

Montée à la capitale depuis Brest, déterminée comme jamais, la colère intacte, elle prend congé de son hôpital 4 jours par semaine pour assister aux audiences. Le verbe haut devant les caméras à l’ouverture, elle décide ensuite de ne plus parler à la presse pour ne pas interférer avec la justice des prétoires. Elle se concentre sur son rôle de témoin, je suis la seule à documenter ses pas dans les coulisses de ce procès et ses allers retours entre Paris et ses consultations à Brest. La pause mondiale imposée par le COVID accroit encore l’attente. Mais Irène y croit, elle a confiance.

Au tout début de ma rencontre avec Irène Frachon, je me questionnais sans cesse sur la réalité de l’affaire, les faits, rien que les faits. Au fur et à mesure des années, je ne doutais plus qu’il y avait une affaire. Je me mettais dans les pas plus intimes d’Irène, mais je continuais à m’interroger sur la capacité de nos institutions à prendre le relai. Je continuais de filmer l’obsession d’Irène, celle qui ronge, qui absorbe plus de 10 ans d’une vie. Cet acharnement qu’il faut savoir entretenir pour renouveler la patience et l’espoir.

Secrètement, j’attendais moi qu’une vérité judiciaire advienne pour voir si l’obsession d’Irène pourrait enfin trouver une fin.

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