En Bretagne, le cinéma s’invente (aussi) en coopérative

Une partie de l'équipe du Studio Vert Basilic

En Bretagne, plusieurs structures de production audiovisuelle font aujourd’hui le choix de la coopérative. Eskemm Films (à Rennes), Studio Vert Basilic (à Redon) et Quatre et demi (à Douarnenez) expérimentent, chacune à leur manière, d’autres façons de fabriquer des films – plus collectives, plus horizontales, plus ancrées dans leurs territoires.

Héritier d’une longue histoire dans le cinéma indépendant, le modèle coopératif connaît ainsi un regain d’intérêt, porté par un besoin croissant de rompre avec l’isolement, la précarité et la fragmentation des métiers. Mutualiser les outils, sécuriser les parcours, partager les responsabilités : derrière ces structures, c’est toute une organisation du travail qui se redéfinit.

Mais ces expériences ne vont pas de soi. Elles composent avec un secteur fortement normé, des cadres juridiques parfois inadaptés et un modèle économique souvent hybride, entre commandes, création et actions culturelles. Elles avancent par ajustements, entre désir d’autonomie, contraintes professionnelles et nécessité de rester lisibles dans les circuits existants.

Derrière ces tentatives se jouent des enjeux profondément politiques : rééquilibrer les rapports de pouvoir, faire du collectif un espace de protection autant que de création, et expérimenter d’autres manières de produire – plus attentives aux personnes, aux processus et aux œuvres.

Prolongeant les réflexions menées lors des Rencontres de Films en Bretagne, en décembre dernier, autour de « Travail et démocratie », nous sommes allés à leur rencontre pour comprendre, concrètement, ce que la coopérative change — et ce qu’elle met à l’épreuve.

Eskemm Films

Eskemm Films est un collectif de production audiovisuelle partagé et coopératif. Il est composé d’artistes et de technicien·nes de l’audiovisuel basé·es en Bretagne qui se réunissent pour développer et produire leurs projets de films de commande et d’actions culturelles, mutualiser leurs compétences et leurs moyens, et créer des synergies.

Retour d’expérience

par Marie Dorge, Marion Boé et Lara Laigneau

Membres d’Eskemm Films

Marie construit son travail par la pratique de la coopération dans des structures de l’ESS (ONG, associations, coopératives, CAE…) depuis plus de 20 ans. Que ce soit comme accompagnatrice, entrepreneuse, membre d’un CA ou d’une co-direction, elle s’implique avec le souci du collectif et en prenant soin des relations qui s’y développent.

Marion Boé est née en 1983 à Quimper. Adolescente, elle égrène tous les ateliers vidéos de la ville puis elle part faire des études d’audiovisuel à Valenciennes avec la ferme intention de faire du documentaire. Après ses études, elle s’installe à Paris où elle devient monteuse. En 2008, elle réalise son premier documentaire, La Cité des abeilles, co-produit par France 3 Bretagne. Elle revient s’installer en Bretagne en 2015, où elle continue à monter des documentaires. Elle revient à la réalisation en 2024 avec Un pays de papier, produit par Les Films de La Pluie et sélectionné dans de nombreux festivals.

Depuis son premier film produit, Le choix de Marjorie (Les 48° Rugissants, 2019), Lara Laigneau cherche par différentes formes de narration, à décaler le point de vue des spectateur.ices sur les personnes qu’elle filme. Son dernier court-métrage, Le dernier refuge ( Les Salines Films, 2025), propose une immersion sensorielle entre documentaire et fiction, au plus près d’une communauté de créatures opprimées. Dans ses propres réalisations, comme dans les films qu’elle accompagne à l’image, (Reprendre la terre de Madeleine Leroyer, Cultiver la forêt de Jérémy Houadec), Lara s’intéresse plus largement aux notions de liberté et de marge.

Eskemm Films est un collectif de production audiovisuelle partagé et coopératif créé en 2022. Il est composé d’artistes et de technicien·nes de l’audiovisuel basé·es en Bretagne qui se réunissent pour développer et produire leurs projets de films de commande et d’actions culturelles, mutualiser leurs compétences et leurs moyens, et créer des synergies sur les projets.

La structure juridique a d’abord été une association de préfiguration, le temps de réfléchir à notre modèle coopératif et économique. En 2023, nous avons mené une étude de faisabilité financée par France Active et Rennes Métropole pour vérifier la possibilité juridique d’avoir une coopérative composée d’intermittent·es et affiner notre gouvernance. Fin 2025, nous avons créé la coopérative en SCOP en complément de l’association. Celle-ci se recentre sur les projets d’éducation aux images et d’action culturelle, tandis que la coopérative développe les projets audiovisuels de commande. Des 5 fondatrices engagées au départ du projet, nous sommes aujourd’hui une quarantaine de personnes.

Nous avons fait le choix de nous inscrire hors des circuits de financements classiques (CNC, région, TV) et donc de mettre de côté les projets de documentaire ou de fiction TV et Cinéma. Chaque membre continue donc de développer ses projets plus personnels avec d’autres sociétés de production, et trouve dans le collectif un espace où discuter, s’entraider sur les dossiers, se conseiller.

Nous produisons des films muséographiques (Mourir, quelle histoire), des films sur la création artistique (Voyage avec K., Métamorphoses…), des clips (Duo du bas, Horla), des portraits patrimoniaux (Passeurs de mémoire, Portraits de nos aînés) et de nombreux ateliers avec des publics très divers…

Le cœur du projet est de partager notre outil de travail, mais aussi de montrer l’importance du collectif dans nos activités. Le moteur principal de la création de la coopérative a été le besoin de se protéger davantage professionnellement, de sortir de nos isolements en tant que réalisateur·ices et technicien·nes et de faire vivre les principes coopératifs. Nous défendons les valeurs auxquelles nous croyons : égalité de genre, écologie, solidarité, inclusivité, implication sur nos territoires locaux. Nous favorisons un modèle social protecteur et une rémunération juste. Ainsi, nous essayons d’avoir les mêmes salaires quel que soit le poste, nous nous remplaçons en cas d’indisponibilité, nous favorisons autant que possible le travail en équipe et les compétences complémentaires plutôt que le modèle de « vidéaste multicasquette ».

Cet espace de travail bienveillant nous permet aussi de renforcer nos postures lors de nos collaborations extérieures au collectif. L’appartenance de plusieurs de nos membres à des collectifs féministes, et de défense des droits LGBTQIA+, nourrit nos réflexions sur les rapports de pouvoir au travail. Nous échangeons beaucoup sur les conditions de bien-être au travail, les bonnes pratiques, se sentir légitime, etc… Nous ne sommes pas un collectif exclusivement féminin mais force est de constater que cela attire plus les femmes et minorités de genres.

Nous avons dès le début partagé nos réflexions et nos outils de travail avec Quatre et Demi et Studio Vert Basilic. Nous ne portons pas le même genre de projets, mais nous partageons les mêmes questionnements de gouvernance et les mêmes envies de faire collectif.

La coopérative et le collectif nous permettent d’être plus fort·es mais nous devons aussi être vigilant·es, nous devons pouvoir nous faire confiance, car les responsabilités et donc les risques sont aussi collectifs et ont un impact sur la structure et les autres membres.

En plus des assemblées générales annuelles, nous organisons régulièrement des séminaires qui nous permettent de réfléchir en profondeur à notre gouvernance, à notre modèle économique et à des sujets plus politiques (valeurs, bien-être au travail, rémunération…). À mesure que le collectif grandit, nous réadaptons notre fonctionnement, nos modes de décisions, tout en restant fidèles à notre éthique.

Studio Vert Basilic

Studio Vert Basilic est une coopérative de production audiovisuelle installée à Redon au sud de Rennes. L’entreprise vend aux entreprises et institutions un service de prestation vidéo en prise de vue réelle et propose de la production executive sur des projet en stop-motion.

Retour d’expérience

Par Joseph Ronzier

Co-fondateur et co-gérant de Studio Vert Basilic

Né en 1996, j’ai étudié les sciences à Lorient puis Strasbourg. Transition en 2019 pour 3 ans de formation en game design à Rennes. Encore habité par la magie des premiers mouvements crées en stop-motion en 2014, je suis passionné d’animation et de montage, deux compétences entièrement développées en autodidacte avec le collectif Vert Basilic.

Nous avons créé le Studio Vert Basilic en 2019. À l’époque, il s’agissait d’une association loi 1901. Nous venions juste de terminer notre premier film en Stop-motion, Les Voyages de Nym, après 5 ans de travail. On était un petit groupe de jeunes du Pays de Redon que la stop-motion et l’option audiovisuelle du lycée avait rapproché.

De 2019 à 2023, on a réalisé beaucoup de films en 48h, décrochant quelques prix. En plus de réalisations du collectif, certaines associations et entreprises nous ont passé quelques commandes, ouvrant la porte à un peu de matériel professionnel mais aussi à une opportunité : celle de vivre de cette activité.

C’est le pôle de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) de Redon, la CADES, qui nous a incité à candidater au TAg35 de Rennes, incubateur d’entreprises de l’ESS. En été 2023 nous avons été sélectionné et à la rentrée, on a commencé 1 an d’accompagnement hebdomadaire. L’objectif : transformer l’association en coopérative.

À TAg35, nous avons découvert les formes juridiques de l’ESS. Nous avons choisis parmi elles la SCOP (Société coopérative de production). Reposant sur une structure SARL classique, la SCOP est portée par une assemblée devant être majoritairement composée de personnes avec un statut génial : celui de salarié.e sociétaire. Concrètement, on estime que les travailleur.euses de l’entreprise sont les plus à même de savoir ce dont ils ont besoin et ce qui est bon pour l’entreprise. Ils sont impliqués dans son développement et ont un pouvoir équivalent à tous les autres sociétaire. Dans cette forme, pas d’actionnaires, les excédents en fin d’année sont partagés entre les travailleurs.euses, au prorata de leur heures annuelles.

Nous avons approché nos situations d’employés par le prisme du CDI. Impliquant des rentrées d’argent régulières sur le lancement. Cela nous a poussé à nous positionner sur le marché de la prestation technique audiovisuelle, gardant le cinéma pour un second temps. Nous pensons possible de faire cohabiter la stabilité du CDI avec un rythme annuel laissant aux salarié.es des espaces de création personnelles à l’image de l’intermittence.

Faire le choix de construire notre propre opportunité de travail à impliqué une montée en compétences dans des domaines auxquels on ne se prédestinait pas tous. Nous nous sommes répartis les missions juridiques, marketing et comptables en partageant la gérance et selon les affinités de chacun. Il n’a pas été facile pour tout le monde de délaisser en partie les compétences techniques.

Depuis le montage nous faisons en permanence face à des défis administratifs. Le statut coopératif n’est pas légion dans l’administration française, encore moins dans l’audiovisuel. Au quotidien nous devons batailler avec les prestataires externes, prévoyances santé, institutions d’état et j’en passe, pour faire valoir les lois qui régissent nos statuts. Nous manquons de modèles car il existe peu d’entreprises similaires. Nous avons pû néanmoins bénéficier d’un soutien sincère et quasi fraternel de la part d’autres coopératives (spéciale dédicace aux Fées Spéciales, à Eskemm Films, à la Scop des Sales Gosses, à Transition ESS et aux Juristes Engagé.es). Mais chaque histoire de coop est différente et nous devons faire beaucoup d’exploration juridique.

Nous avons une difficulté particulière aujourd’hui à nous identifier dans les milieux implantés du cinéma et de l’audiovisuel. Par exemple, on ne se retrouve pas sur les conventions collectives. Nos rôles, à cheval sur de la création artistique, du travail technique et de l’administratif, ne sont pas représentés dans les grilles salariales. Pourtant cette cumulation de compétences nous est indispensable. Elle nourrit une vision globale du projet, possédée par chacun d’entre nous, permettant des discussions horizontales pertinentes et une souplesse dans les changements de direction, les adaptations et la compréhension des enjeux de notre structure.

Malgré ces défis, je pense vraiment que ce modèle permet de construire des formes de production plus collectives, plus ancrées dans les territoires et plus attentives aux personnes qui les portent.

Quatre et demi

Quatre et Demi est une coopérative de production audiovisuelle et cinématographique, co-fondée par Pauline Burguin, Gurvan Hue, Liza Le Tonquer et Loeiza Recourt. Nous développons et produisons des documentaires, séries courtes et fictions pour la télévision et le cinéma, les musées et les laboratoires de recherche. Intégrée au sein du P.ôle Audiovisuel de Douarnenez-Cornouaille, Quatre et Demi défend les valeurs de l’économie sociale et solidaire, l’égalité des droits et les principes écologiques.

Retour d’expérience

Par Liza Le Tonquer, Loeiza Recourt, Gurvan Hue et Pauline Burguin

Co-fondateur·ices de Quatre et Demi

De gauche à droite (photo) : Liza Le Tonquer, Loeiza Recourt, Gurvan Hue et Pauline Burguin, co-fondateur·ices de Quatre et Demi.

Quatre et demi est une coopérative dédiée à l’écriture, au développement et à la production audiovisuelle de documentaires, fictions et séries courtes. Co-fondée en 2021 par Pauline Burguin, Gurvan Hue, Liza Le Tonquer et Loeiza Recourt, Quatre et demi a d’abord eu un statut associatif avant de devenir en 2023 une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) en SAS à capital variable.

Elle est née suite à la crise sanitaire qui a largement impacté notre secteur professionnel. Nous avons constaté que nos métiers et nos pratiques s’exerçaient dans une précarité et un isolement toujours plus grands. Nous aspirions donc à construire un cadre pérenne où se retrouvent des auteur·ices, réalisateur·ices, technicien·nes et producteur·ices pour allier leurs compétences, savoir-faire et savoir-être… convaincu·es que la manière de fabriquer les films impacte leur dimension sensible. Nous voulions façonner un cadre d’expérimentation collective pour écrire, développer et produire des films.

L’important était que Quatre et Demi n’appartienne à personne en particulier et qu’elle se place en contre point du modèle capitaliste classique. En faisant le choix de la coopérative, Quatre et Demi ne rémunère pas le capital, c’est-à-dire que tous les bénéfices générés sont systématiquement réinjectés dans la société, les projets ou dans les salaires sur décision collégiale. Exemple tout bête : dans les devis de production, à la ligne rémunération du producteur, nous indiquons zéro et si nous sommes les porteur·ses du projet (ce qu’on appelle classiquement producteur·rice), nous nous rémunérons sur du temps de travail en tant que producteur·rice exécutif·ve ou collaborateur·ice artistique. Ce sont des petites choses mais qui permettent à la fois de décaler les curseurs sur la façon d’appréhender le rôle de la production et d’apporter de la lisibilité et de la transparence sur notre rémunération avec nos collaborateur·ices.

Notre désir en créant la SCIC était également de travailler en transversalité, collectivement, tantôt sur des films mandatés, qui nous assurent une sécurité économique, tantôt sur des films plus ambitieux, documentaires et fictions. Les sociétaires de la coopérative travaillent donc sur les films des un·es et des autres, pas toujours au même poste et expérimentent des binômes, trinômes selon les projets. Liza peut passer de réalisatrice, à collaboratrice artistique ou récemment monteuse sur un projet de Pauline ; Gurvan sera tantôt le producteur pour remplir ensuite le rôle d’administrateur sur le projet d’un·e autre sociétaire ou chef opérateur, Pauline est à la fois productrice, réalisatrice et preneuse de son sur les projets tandis que Loeiza, productrice s’est récemment retrouvée en collaboration artistique sur un projet produit par Pauline ou plus récemment a été co-réalisatrice d’un projet d’atelier avec Liza. C’est un système qui s’est consolidé au fur et à mesure des années et permet de travailler en confiance, avec des personnes qui partagent une même vision du travail et des rapports humains. Cette expérimentation à quatre nous a confirmé que c’était essentiellement ainsi que nous souhaitons exercer nos métiers à l’avenir. Travailler avec des personnes de confiance dont la vision du monde nous intéresse.

Nous croyons également en un cinéma pensé depuis un territoire, la Bretagne. Nous participons donc à des réflexions collectives pour ancrer localement et régionalement la fabrication des films en collaboration avec le Pol.e de Douarnenez. Le Pol·e est une association qui fédère plus de 200 professionnel·les du cinéma, de l’audiovisuel et du spectacle vivant. En 2028, l’objectif est d’investir une ancienne friche industrielle de la ville : studios de tournage et de post-production, plateau de résidence artistique, ateliers techniques, espace de coworking et de formation… Un lieu pensé pour accueillir les productions locales comme extérieures, et favoriser les synergies. Par ailleurs le Pôl.e nous conforte dans notre modèle mutualiste. Nous développons notre capacité à réunir et centraliser des moyens (matériel, documentation, process) pour consolider une capacité à fabriquer, à créer des poches d’autonomie. Nous sommes également en lien avec la coopérative Eskemm à Rennes, sociétaire de Quatre et demi, avec qui nous échangeons sur nos pratiques et collaborons sur des projets. Chloé Gwinner, membre d’Eskemm a récemment réalisé une série produite par Quatre et Demi.

Les difficultés que nous rencontrons dans la mise en œuvre d’une véritable organisation coopérative sont doubles. On évolue dans un système audiovisuel très normé qui a besoin d’identifier chacun·e à son poste et donc replace les un·es et les autres dans une organisation hiérarchique. Les fonds de financements comme les diffuseurs veulent identifier un·e réalisateur·rice, un·e producteur·rice… La transversalité peut être vue comme une forme d’amateurisme. Le statut juridique de la coopérative peut perturber aussi. À chaque projet, nous veillons donc à être très clair·es sur les postes de chacun·e, sans quoi, nous ne pourrions exister professionnellement. La seconde difficulté, qui n’en est peut-être pas une, réside dans le fait que nous cherchons encore notre modèle coopératif. Nous réfléchissons activement depuis quelques mois à une organisation qui nous permettrait d’accueillir de nouveaux·elles sociétaires et éventuel·les porteur·ses de projets au sein de la coopérative, notamment par la consolidation de nos différents collèges mais c’est long car si le travail en collectif est très riche, il prend également plus de temps… Work in progress donc !

Dernières actualités

[Communiqué] Pour une stratégie partagée et durable en matière cinématographique, audiovisuelle et territoriale

Films en Bretagne s’associe à la note interprofessionnelle portée par six organisations nationales – l’ACID, l’ARP, la Boucle documentaire, la…

[Saison des Rencontres] Festival Vrai de Vrai : 10ème édition

Déclinée par Comptoir du Doc, la 10ème édition du festival Vrai de Vrai (Les Étoiles de la Scam) est de…

Un Iranien amoureux de la Bretagne : rencontre avec le réalisateur Mehrdad Oskouei

Au Fipadoc 2026, un titre poétique attire mon attention : Un renard sous la lune rose. L’histoire d’une artiste afghane…
X