Retour sur le bilan de Bretagne Cinéma

L'équipe de Bretagne Cinéma aux Rencontres de Films en Bretagne (2025)

En décembre 2025, à l’occasion des Rencontres de Films en Bretagne à Redon, le service de la Région Bretagne dédié au cinéma et à l’audiovisuel, Bretagne Cinéma, présentait le bilan du plan stratégique adopté en 2019, issu d’un travail de concertation avec Films en Bretagne.

Quelques mois plus tard, à la faveur de la publication du bilan 2025, Films en Bretagne a souhaité revenir sur cette présentation, en partageant ses observations.

Retour sur le bilan de Bretagne Cinéma

Une politique culturelle maintenue dans un contexte contraint

Dans un contexte marqué par une baisse globale des financements publics alloués à la culture, la Région Bretagne fait le choix de sanctuariser son budget culturel. Films en Bretagne tient à saluer ce signal fort, qui témoigne d’un engagement politique clair en faveur de la création et de la diversité culturelle.

S’agissant plus spécifiquement du secteur cinématographique et audiovisuel, le budget régional s’élève à 7 420 000 euros. Plus de la moitié de cette enveloppe (55 %) est consacrée au FACCA (Fonds d’aide à la création cinématographique et audiovisuelle), qui accompagne les projets à toutes les étapes — de l’écriture à la production — et dans l’ensemble des genres.

Au-delà de ce soutien direct à la création, Bretagne Cinéma déploie une action large et structurante à l’échelle du territoire : collecte et valorisation des archives, modernisation des salles de cinéma, soutien aux résidences d’écriture, manifestations culturelles (festivals), dispositifs d’éducation à l’image, ainsi qu’un accompagnement affirmé de la structuration de la filière régionale, notamment à travers le soutien à Cinéphare et à Films en Bretagne.

Le CNC, partenaire incontournable dans le cadre de la convention de coopération État (DRAC) / CNC / Région Bretagne, vient abonder les aides à la production, le COM, la diffusion culturelle ainsi que les médiateurs de cinéma.

Focus sur des films aidés en 2025

Dans son bilan, Bretagne Cinéma met en avant certains films soutenus par le FACCA.

En faisant un zoom sur l’animation, la Région met en avant de beaux succès comme Amélie et la métaphysique des tubes (réalisation Maïlys Vallade et Liane-Cho Han, en coproduction avec Puffin Pictures, nouvellement arrivée sur le territoire) ou Les Contes du pommier (coréalisation Jean-Claude Rozec et coproduction bretonne Vivement Lundi !) et montre que l’animation reste l’étendard premier du cinéma breton.

À souligner aussi, en documentaire, le beau succès du magnifique moyen métrage Voyage de documentation de Madame Anita Conti (réalisation Louise Hémon) rendu possible grâce au concours des chaînes régionales bretonnes (Tébéo, Tébésud, TVR) et aux belles collections de la Cinémathèque de Bretagne, coproductrice du film. Ce documentaire retrace la vie de la première femme océanographe française, Anita Conti, et a reçu de nombreuses sélections en festivals.

Une stabilité dans le nombre de projets aidés par le FACCA

Le Fonds d’aide à la création cinématographique et audiovisuelle (FACCA) se maintient à un niveau stable, avec une enveloppe de plus de 4 millions d’euros, tous genres confondus. Cette stabilité s’accompagne d’une constance dans le nombre de projets soutenus, que Films en Bretagne tient une fois de plus à saluer.

S’agissant plus spécifiquement de la production d’initiative régionale, plusieurs éléments positifs sont à souligner. Le documentaire breton continue de démontrer sa vitalité, avec, en 2024, une très forte proportion de projets accompagnés portés par des producteur·ices implanté·es sur le territoire (92 %).

En fiction également, les projets d’initiative bretonne bénéficient d’un soutien. Ils sont proportionnellement plus aidés que les projets extérieurs, que ce soit en court métrage ou en long métrage. À titre d’exemple, les projets bretons représentent 39 % des dépôts à l’aide à l’écriture, pour un taux de réussite de 59 %, ce qui traduit une attention particulière portée aux dynamiques locales.

Favoriser l’émergence du long métrage d’initiative bretonne : un véritable enjeu

Entre 2023 et 2025, le nombre de longs métrages de fiction accompagnés a augmenté, passant de 26 à 35 projets et nous pouvons nous réjouir de cette augmentation. Ces chiffres mêlent toutefois des productions extérieures et des projets d’initiative régionale, ce qui ne permet pas de mesurer précisément l’évolution de ces derniers.

Le territoire breton dispose d’un écosystème riche et structuré : une forte densité de talents, des dispositifs de soutien à la création significatifs, un réseau de formation et de diffusion développé, ainsi qu’une présence régulière de professionnel·les breton·nes dans les grandes compétitions internationales. Pourtant, le long métrage de fiction d’initiative bretonne peine encore à s’inscrire durablement dans l’écosystème de production, d’autant plus dans le contexte actuel de fragilisation des financements.

Dans ce contexte, soutenir l’émergence et la consolidation des parcours des auteur·ices apparaît comme un enjeu central. La mise en place de la collection « Far Ouest » s’inscrit dans cette perspective, aux côtés de la mobilisation de Films en Bretagne pour le développement d’une production de longs métrages ancrée sur le territoire, ambitieuse et pérenne.

Nicole Ferroni sur le tournage de HORS SAISON (Collection Far Ouest) à Dinard | Octobre 2025 | Photo : Serge Bizeul

Une activité en recul dans un contexte national fragilisé, mais un tissu professionnel en développement

La diminution observée doit être mise en perspective avec un contexte plus large : celui de la fragilisation actuelle du cinéma français à l’échelle nationale. Cette tendance se reflète en Bretagne à travers la baisse du nombre de jours de tournage en fiction : 381 jours en 2025, contre 423 en 2024, et 808 en 2023 — cette dernière année constituant toutefois un niveau exceptionnellement élevé.

Dans ce contexte, plusieurs signaux positifs méritent néanmoins d’être soulignés. La Bretagne accueille un nombre croissant de tournages étrangers. Cette dynamique pourra s’appuyer, dans les années à venir, sur un tissu professionnel en développement : le nombre de technicien·nes et comédien·nes référencé·es par Bretagne Cinéma atteint 1 040 en 2025, contre 874 en 2023.

Par ailleurs, Films en Bretagne a connu une croissance significative de son réseau, avec une augmentation de près de 40 % du nombre de ses adhérent·es depuis 2022, tous métiers confondus. Cette évolution témoigne du dynamisme de la filière régionale et constitue un levier important pour accompagner et consolider l’accueil des tournages sur le territoire.

Un équilibre essentiel à préserver

L’accueil des tournages et l’initiative régionale sont deux piliers absolument complémentaires, sans quoi aucun ancrage durable des talents ne serait possible. Il faut veiller à maintenir cet équilibre, avec une lecture toujours plus fine des projets. Nos adhérents et adhérentes sont particulièrement en demande sur ce point.

Dans ce contexte, Films en Bretagne réaffirme sa mobilisation, aux côtés de Bretagne Cinéma, pour faire vivre le cinéma et l’audiovisuel bretons et contribuer à la construction d’une politique publique ambitieuse, équilibrée et tournée vers l’avenir.

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