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Faire exister un cinéma installé dans un autre, c’est la délicate tâche de Solenn Rousseau et de l’équipe de Gros Plan à Quimper. La situation est difficile mais les chiffres de 2014 sont bons. Ce résultat ne tombe pas du ciel. Il est le fruit d’une politique culturelle, d’une ligne de programmation, d’un travail avec des partenaires. Au programme de Solenn Rousseau : maintien de la qualité, transmission et diversité. Un cinéma, ce n’est pas seulement des fauteuils et des écrans…

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En 2010, Solenn Rousseau quitte Angoulême et le Pôle Régional d’éducation artistique pour s’installer à Quimper : « J’étais heureuse de revenir en Bretagne et le poste était vraiment très intéressant. »

Elle dit « revenir »… Pourtant elle a vécu son enfance et son adolescence à Chartres puis a fait ses études et ses premiers pas professionnels à Paris. Mais sa famille est morbihannaise et ses racines bretonnes sont importantes pour elle. Quant au « poste », il s’agit de la direction de l’association Gros Plan dont la mission est double et complémentaire : l’éducation artistique au cinéma et l’animation du cinéma Art & Essai de Quimper.

Elle ressent une profonde attirance pour ces missions : « Dans le projet tout était cohérent avec ce que j’essayais de défendre comme valeurs dans le cinéma. » Pour faire comprendre le lien entre l’association qu’elle dirige et le cinéma qu’elle programme, Solenn Rousseau utilise la métaphore de l’iceberg : « La partie immergée, c’est le travail de Gros Plan et ce qui est visible pour le public, c’est la programmation du cinéma. »

Cinq ans et quelques déconvenues plus tard, l’enthousiasme de Solenn Rousseau est toujours là notamment grâce à l’équipe qui l’entoure : « Il y a un engagement de toute l’équipe de Gros Plan dans le maintien de la qualité. »

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Flash-back 

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A sa prise de fonction, Solenn Rousseau s’installe au Chapeau Rouge où sont les bureaux de l’association Gros Plan et le cinéma. Les deux salles sont connues, grandes (390 places au total) mais vétustes. Solenn Rousseau pense s’attaquer rapidement au chantier de leur rénovation mais dès la fin de la première semaine de son embauche, elle apprend que la municipalité vient de décider de la transformation du Chapeau Rouge en centre de congrès. Les deux salles de cinéma vont disparaître. Mais où seront donc les salles Art & Essai que Gros Plan a en charge de programmer ? La ville de Quimper louera deux salles au sein du cinéma Les Arcades. Dont acte.

Aujourd’hui, le cinéma (municipal) s’appelle Le Quai Dupleix. Il est installé au sein du cinéma (privé) Les Arcades. Il est programmé et animé par l’association Gros Plan.

Les Arcades et le Quai Dupleix font hall commun mais chacun a sa programmation et chacun a sa caisse. C’est bizarre mais Solenn Rousseau le justifie ainsi : « Il a fallu se démarquer pour ne pas être noyé ». Le spectateur qui arrive dans le hall voit deux caisses. Impossible pour lui, sauf s’il est un habitué du lieu, d’imaginer qu’en choisissant une caisse il choisit aussi un cinéma : Arcades à droite, Quai Dupleix à gauche. Les caissiers d’un côté ou de l’autre du hall ont l’habitude de dire : « Ah désolé, c’est en face… » Après deux ans d’existence, un petit progrès est notable : le nom Quai Dupleix est enfin apparu sur la façade.

Même si la situation est difficile, l’enjeu est de maintenir « coûte que coûte » une programmation Art et Essai à Quimper. Une vraie.

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Grand angle

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Le Quai Dupleix est le seul cinéma quimpérois classé Art et Essai. Le multiplexe voisin escomptait le label pour 2015 grâce à sa programmation de quelques films Art & Essai et séances en version originale. La commission du CNC a estimé le multiplexe inéligible pour « absence de diversité ». Solenn Rousseau, soulagée par ce résultat, commente l’argument du CNC : « La diversité de programmation c’est nous ! En 2014, 192 films sur deux écrans alors que le multiplexe en passe 350 avec dix écrans. Sans parler de la diversité de la nationalité des films. Rien que dans le cycle hispanophone, on passe des films de cinq pays différents : Espagne, Colombie, Guatemala, Argentine, Chili. Et bientôt sortira Lamb de Yared Zeleke et c’est la première fois que j’entendrai parler éthiopien dans une salle de cinéma. » 

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Entre le multiplexe et la salle indépendante, la bataille se joue autour des films dits ‘’porteurs’’, c’est-à-dire des films labellisés Art & Essai assurant a priori un grand nombre d’entrées comme les films de Woody Allen, Ken Loach ou le dernier Audiard, auréolé de la Palme d’or : Dheepan. Pour avoir plus de chances d’obtenir ces films porteurs auprès des distributeurs, le Quai Dupleix travaille avec une entente de programmation réunissant plusieurs salles indépendantes. Pour Solenn Rousseau, ces films porteurs « ne doivent pas être seulement des réservoirs à entrées. Ils doivent permettre l’équilibre financier et la mise en valeur de films moins connus. C’est cet équilibre-là qui est passionnant à conserver et à travailler chaque mois ».

Evidemment, Solenn Rousseau n’aime pas toujours les films qu’elle programme mais elle ne fera pas l’impasse sur ceux qu’elle tient à défendre comme, pour le mois en cours, Les Secrets des autres de Patrick Wang ou Much Loved de Nabil Ayouch. Elle compare la programmation à un travail de broderie : « Tel fil avec tel autre fil, ça va dessiner quelque chose. De loin, il faut qu’on comprenne ce que c’est. »

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La programmation d’une salle indépendante consiste à faire sentir une ligne directrice mais pas une personne : « Il ne faut pas personnaliser la programmation. Elle doit correspondre à quelque chose de plus large, de plus ouvert. Il ne faut pas travailler tout seul, être en vase clos. » C’est pour cela qu’elle travaille avec une entente de programmation et en étroite collaboration avec toute l’équipe de Gros Plan.

Ce qui lui hérisse le poil (sic), c’est qu’on associe le cinéma Art & Essai à un cinéma élitiste : « En quoi Les Deux Amis de Louis Garrel est élitiste ? S’il est programmé dans un multiplexe, il n’a pas cette étiquette alors pourquoi le devient-il si je le programme ? » Les idées reçues la font sortir de ses gonds : « Les distributeurs pensent qu’on ne regarde les V.O. qu’à Paris parce qu’en Province on ne lirait pas les sous-titres. » Sans parler des jugements à l’emporte-pièce ou des procès d’intention : « Si tu proposes des Tex Avery, on te traite d’ayatollah t’accusant de ne pas aimer le dernier Pixar ! Depuis quand aimer Tex Avery t’empêche d’aimer Vice-versa ? ». D’ailleurs, elle aurait adoré pouvoir programmer le dernier Mad Max : Fury Road de George Miller qu’elle trouve « absolument génial ».

Pour elle, il ne faut pas sanctuariser le cinéma Art & Essai mais il faut être vigilant à ce que la diversité perdure : « Dans un multiplexe, il y a plus de salles alors les gens pensent qu’il y a plus de choix mais c’est faux. » Elle fait cette comparaison intéressante : « Si tu as de l’hypertension dans les yeux, ton champ visuel se rétrécit sans que tu ne t’en aperçoives. C’est indolore. Au cinéma c’est pareil : le champ de vision de films peut se rétrécir, rétrécir, rétrécir. Tu crois que tu vois tout mais, en fait, il ne te reste que 5% du champ… »

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Valise d’objectifs

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L’immensité du champ du cinéma et le bonheur de voir un film en salle, c’est ce dont parle Solenn Rousseau quand des professeurs l’invitent et elle adore ça. Elle dit aux élèves : « Vous n’imaginez pas le plaisir que vous aurez en voyant The Assassin ! (le nouveau film de Hou Hsiao Hsien qui sortira en mars 2016, ndlr). Pour elle : « On peut montrer sans problème à des lycéens des films comme L’Image manquante de Rithy Pahn ou Le Bouton de nacre de Patricio Guzman (1). Ce sont des films bouleversants. Ca ébranle, ça marque, ça laisse une empreinte, ça transforme. C’est ça le cinéma. »

La confiance des enseignants est le fruit de sa collaboration avec sa collègue Hélène Martin, responsable de l’éducation artistique et de la programmation jeune public : « Avec Hélène, on est complètement raccord. On milite pour la VO, pour la qualité artistique des films quel que soit leur sujet. On s’y tient. On ne renonce pas à nos convictions. »

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Toute l’équipe de Gros Plan s’attelle à compenser le problème du lieu par la programmation et l’animation avec de nombreux partenaires. En mai 2015, par exemple, le réalisateur algérien Tariq Teguia est venu présenter à Quimper son dernier film Révolution Zendj : une séance publique le soir précédée d’une séance pour les étudiants des Beaux-Arts (Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne). Ce partenariat avec l’EESAB a abouti à une nouvelle proposition : en novembre prochain, le directeur de la photographie Pierre-William Glenn accompagnera : Le Cousin Jules, documentaire inédit réalisé par Dominique Benicheti en 1972. 

Forte des bons chiffres du Quai Dupleix en 2014, Solenn Rousseau fait ce constat : « Notre projet culturel est de grande qualité. Notre travail est reconnu. On a le soutien de la Ville de Quimper, du Conseil Général du Finistère et de la DRAC. On a la reconnaissance des institutions, des distributeurs, du public cinéphile… Mais l’outil n’est pas satisfaisant. Les salles manquent de confort et leurs jauges sont insuffisantes notamment pour développer les séances jeune public en matinées scolaires. » Alors elle rêve à un autre lieu : « un lieu attractif avec du confort et des grands écrans, un lieu qui s’impose de manière évidente aux spectateurs, un lieu qui porte dans ses murs une identité qui fait sens. »

Bénédicte Pagnot

 (1) Ces deux films sont proposés dans le cadre du Mois du Film Documentaire 2015.

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