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Des prix en festival, des étoiles de la SCAM, des résultats d’audience qui régulièrement dépassent la moyenne nationale des autres chaînes régionales : les documentaires coproduits par France 3 Bretagne et les antennes du Pôle Nord-Ouest ont la côte. À quelques jours de la célébration des 50 ans de la télévision régionale publique bretonne, Jean-Michel Le Guennec, le Directeur Délégué à la Coordination Editoriale du Pôle Nord Ouest de France Télévisions, analyse ces succès.

– Comment qualifiez-vous la santé de la case documentaire de France 3 Bretagne ?

– Jean-Michel Le Guennec : Bonne ! Les succès d’audience sont là pour en témoigner. Si on regarde les trois derniers mois par exemple : Le métis de la République a réuni 103 000 spectateurs sur la Bretagne et les Pays de Loire, le portrait de Jean-Guy Le Floc’h 83 000 spectateurs rien qu’en Bretagne et Les chevaux de bataille que nous diffusions sur quatre départements, de la Haute-Normandie aux Pays de Loire, ont réuni 145 000 spectateurs, c’est très satisfaisant. Ces succès d’audience ne sont pas constants, mais la moyenne sur le semestre témoigne de sa progression. Avec d’excellents résultats sur les inédits, il n’est pas rare que les audiences des six antennes régionales du Pôle Nord-Ouest soient en tête de la moyenne nationale. Et le rendez-vous régulier du documentaire le samedi après-midi place les 24 antennes régionales en 3ème position voire en 2ème en termes d’audience, puisqu’on atteint 650 000 spectateurs sur les 24 antennes cumulées.

– Quelles raisons pouvez-vous avancer pour l’expliquer ?

– Nous avons diffusé beaucoup d’inédits ou des films qui résonnaient avec l’actualité, notamment en Bretagne. Notre volonté est de bien exposer les documentaires. Les avant-premières, les bandes-annonces, les inédits annoncés par un plateau en présence du réalisateur se généralisent et ce sur toutes les antennes. La case du samedi après-midi est la case régionale historique, le public en région est présent sur ce créneau, et l’offre documentaire y est identifiée. Lors de la migration du documentaire vers le mercredi soir en 2011, la tentation était d’attendre un public plus jeune et plus actif. L’audience était moins bonne mais l’éditorialisation était différente. Pour chercher à capter ce public, le curseur avait migré vers plus de sujets de société. Puis on a changé à nouveau d’horaires pour rediffuser le samedi. On retrouve de fait les couleurs d’audience que nous connaissions auparavant.

– Et des documentaires que vous avez coproduits ont été récompensés.

– Des prix et des sélections en festivals. La semaine dernière, JSDM était en sélection officielle au FIPA. Cette année, La faute à mon père coproduit par France 3 Centre, une des antennes du Pôle Nord-Ouest, a eu le prix du meilleur documentaire régional au Circom. Je suis particulièrement fier de ce prix car il est attribué par le regroupement des télévisions régionales publiques européennes. Nous l’avions déjà eu, il y a quelques années, pour Nous n’étions pas des bécassines. Deux étoiles de la Scam en 2013 pour Le déménagement et Un village sans dimanche. Et il y a aussi des prix pour les films coproduits par le magazine Littoral. Ces récompenses sont importantes aussi pour nous, elles témoignent de la qualité des productions que nous accompagnons.
– Comment se mettent en place ces coproductions ?
– En amont, les projets sont instruits par les délégués régionaux en première lecture. Ce sont eux qui sont au contact des professionnels de leur région : réalisateurs et producteurs. Les six délégués régionaux et moi-même nous réunissons en comité éditorial pendant lequel ils présentent leurs projets, on en discute et même si la validation me revient, ça reste une décision collégiale.
En aval, pour la diffusion, nous nous coordonnons avec la Case de l’oncle Doc le cas échéant, parfois nous jugeons opportun de faire une programmation jumelée sur plusieurs antennes pour bénéficier de l’effet de communication. Un critère important reste la résonance du sujet avec le contexte général, une commémoration ou un événement : Le vide dans la maison a été programmé à une date proche de la journée de l’Alzheimer. Il s’agit d’évaluer la meilleure opportunité.

– Quelle politique prévaut pour le choix des projets ?

– Les thématiques qui retiennent notre attention sont l’histoire et le patrimoine, les portraits, la découverte et les documentaires de société. Nous privilégions les projets qui réunissent une empathie avec le sujet, une écriture où la forme est au service du fond pour faire des œuvres qui durent. Il s’agit de faire sens, de s’inscrire dans une continuité ou une rupture, et d’apporter un éclairage ou une résonance avec le territoire. Les délégués régionaux sont impliqués dans les films qu’ils coproduisent. Ils se sont progressivement approprié le genre documentaire, car certains venaient de l’information. Au bout de trois ans c’est une belle évolution, ils ont acquis un goût prononcé pour le genre. Les films gagnent en qualité car ils sont assumés et accompagnés. On parle souvent de formatage et bien sûr la durée reste inchangée mais c’est l’auteur qui est à la manœuvre, sous couvert d’un dialogue légitime avec le producteur et le diffuseur. C’est un travail d’équipe avec un visionnage critique en cours de montage pour échanger, décider de reprendre ou pas le montage. Il s’agit bien du partage d’une même exigence, de tenir sa promesse par rapport aux intentions de départ et de chercher la cohérence du traitement. Et aussi de parler au plus grand nombre, ce qui ne veut pas dire un « filtre passe-bas » !

– Vous avez été longtemps à cette place de coproducteur-diffuseur, votre nomination à la tête du pôle vous en éloigne-t-elle ?

– Je reste très attaché au genre documentaire mais je n’ai pas de frustration. J’ai passé le relais aux délégués régionaux à qui je dis souvent « assumez votre regard subjectif et sachez au service de quoi est le film ». J’ai appris à avoir la distance nécessaire entre mes goûts, l’œuvre et le public et en ce sens j’accompagne les délégués régionaux vers leur métier. Je participe encore à certains visionnages et notamment pour d’autres types de programmes comme les programmes courts, les magazines, les pilotes, ça me permet de continuer à avoir un regard sur les choses.

– Quels liens tissez-vous avec la production régionale ?

– Privilégier les sociétés de production régionales est une évidence. Historiquement le développement des compétences en région et de la filière s’est appuyé sur la présence des France 3 régions couplée à celle d’universités qui proposaient un département audiovisuel. Lors de la dernière réforme de France 3, on est passé de treize à vingt-quatre antennes pour faire émerger de la production là où il n’y en avait pas. Une évolution quantitative et qualitative de la production a eu lieu. L’importance de la filière de production en interne est aussi à souligner. C’est aussi l’une des raisons du succès des productions régionales que nous soutenons. L’implication portée aux projets, la qualité du montage, de la post-production influencent positivement les productions. Je rappelle aussi que le budget moyen des productions régionales est beaucoup plus faible qu’au niveau national. Le talent parle !

– À quelques jours de la commémoration des 50 ans de la chaîne régionale bretonne, vous présentez un documentaire qui retrace son histoire, pouvez-vous nous en dire plus ?

– Sans dévoiler le film, il s’agit d’un récit à hauteur d’homme. Roland Thépot, le réalisateur, s’appuie sur sa relation à la télévision pour aller vers la connaissance de cet outil et cela passe par les hommes qui la font. C’est un film initié et accompagné par Bertrand Rault (1).[/vc_column_text][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″][/vc_column_text][vc_column_text disable_pattern= »true » align= »left » margin_bottom= »0″]

Le message que nous souhaitons avoir est qu’un des rôles de la télévision est de tisser du lien social. À l’heure où la société est fractionnée, la quête du vivre ensemble est plus que nécessaire. Se connaître, avoir des représentations passent par la télévision régionale. Elle est un outil indispensable à la construction de l’identification. L’enjeu de la télévision régionale est de se positionner sur tous les genres, de ne pas se satisfaire des informations uniquement.

– À ce propos, quelle est votre position par rapport à la mission confiée à Anne Brucy (2) ?

– C’est une mission décidée par le gouvernement dans la continuité de la difficile élaboration du COM (3) où l’on doit faire coïncider des objectifs avec des moyens en baisse. Les axes de la mission sont d’aller vers plus d’offre régionale sur France 3 à l’horizon 2015, date de fin du COM. La mission doit en étudier les contours et sa faisabilité.
Repenser l’offre régionale de France 3 suppose de redéfinir son identité et plus généralement celles des chaînes de France Télévisions puisque aujourd’hui France 3 assume à elle seule 50% des obligations de production confiées à la production indépendante. Une réflexion sur son avenir ne peut se faire que par la redéfinition de ses missions et de son identité. Pour notre part, nous pensons qu’il faut sortir de l’antagonisme chaîne nationale versus chaînes régionales pour que France 3 devienne la chaîne des territoires.

Propos recueillis par Elodie Sonnefraud
(1) Bertrand Rault est Délégué Régional de France 3 Bretagne.
(2) « Mission sur l’avenir de l’offre régionale et locale de France 3 ». Un prochain article sur FilmsenBretagne.com s’intéressera à cette mission dans les prochaines semaines.
(3) COM: Contrat d’objectifs et de moyens de France Télévisions, signé pour la période 2011-2015.
Le métis de la République de Philippe Baron
Une coproduction Pois Chiche, France Télévisions
Jean-Guy Le Floc’h, la fibre Bretonne un film d’Alexandre de Seguins et Jean-Etienne Frère
Une coproduction Bleu Iroise, France télévisions
Les chevaux de bataille un film de François Hérard et Pascal Vanier
Une coproduction TGA, France Télévisions
JSDM un film de Philippe Lubliner
Une coproduction Point du jour, Spirale, France télévisions
La faute à mon père un film de Chloé Barreau
Une coproduction Caméra Lucida, France Télévisions
Nous n’étions pas des bécassines un film de Thierry Compain
Une coproduction Saint Louis Productions, France 3 Ouest
Le déménagement un film de Catherine Réchart
Une coproduction Candela, France Télévisions, TVR Bretagne
Un village sans dimanche un film de Philippe Baron et Corine Jacob
Une coproduction Vivement Lundi !, France Télévisions avec la participation de TVR, Ty Télé, Tébéo
Le vide dans la maison un film de Sylvain Bouttet
Une coproduction Candela, France Télévisions avec la participation de TVR35, Tébéo, Ty Télé
Télé Bretagne : 50 ans de télé régionale un film de Roland Thépot
Une coproduction Aligal Production, France Télévisions[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]