Quand Mael Cabaret voyage

Avant Londres, c’est en Inde, plus précisément à New Delhi, que Mael s’est rendu pour le tournage de Dans l’œil du petit écran. La série produite par Les films d’Ici s’intéresse au rapport qu’entretiennent les habitants de six pays avec la télévision. Chaque épisode traite d’un type de programme en particulier. Deux pays pour Maël, un temps de préparation et de tournage court pour rapporter vingt séquences qui nourriront dix épisodes de 52 minutes. « C’est un véritable challenge : on part en solo et sur chaque voyage il faut ramener 60 minutes utiles en cinq jours. J’ai beau être cadreur de formation, quand on doit assumer en plus la réalisation, cela fait beaucoup à gérer. On n’a pas vraiment le droit à l’erreur. Les tournages s’enchaînent, les images rapportées sont aussitôt montées. En trois mois, la série devra être entièrement finalisée. C’est une grosse machine, une grosse équipe, beaucoup d’énergie, de la tension, mais tout se passe dans la bonne humeur » et, l’avoue Mael, des voyages express qui ont apporté un peu d’air dans ce long hiver…

Maintenant que l’été approche, il refait ses valises. Avant Montréal pour un projet de film en co-réalisation avec Benjamin Rondeau, Mael partira en Guyane en repérage pour Riddim, un documentaire soutenu à l’écriture par la région Guyane et accompagné encore une fois par Les films d’Ici. Riddim abordera l’identité guyanaise à travers le regard de jeunes chanteurs et danseurs de Ragga. Un territoire que Mael connaît bien pour y avoir tourné durant de longs mois passés à la frontière qui sépare la Guyane du Brésil. C’était pour Oyapock, produit par Aber Images et diffusé sur les télévisions locales de Bretagne. En parallèle, Mael poursuit le développement de Sascha, un projet de film centré sur un chef d’orchestre autrichien et ses musiciens turcs. Un travail au long cours qui a déjà obtenu l’aide à l’écriture de la Région Bretagne et bénéficié du tutorat de FeB¹. Ce film, accompagné par Bel Air Media, reflète une tendance du jeune auteur réalisateur pour « des films en immersion, des tournages dans la durée, des sujets qui questionnent les notions de frontière et d’identité. »

Mael s’ouvre également à d’autres horizons et aimerait s’engager vers la production. « Je réfléchis à comment marier les deux activités. C’est un équilibre délicat, mais l’aventure en vaut la peine. J’ai toujours eu l’envie d’accompagner d’autres réalisateurs dans leurs questionnements, leurs motivations. » Cette envie de voir exister des films, en tant que réalisateur comme producteur, Mael la comprend comme « une continuité, un cheminement… Dès ma participation aux groupes de programmation de Comptoir du doc, rencontrer les réalisateurs et comprendre leurs parcours, était important. Mon expérience à l’Arbre (l’association des Auteurs et Réalisateurs en Bretagne, dont Mael Cabaret est Président depuis février 2012 ndlr) m’a permis de prendre du recul sur le métier de la réalisation, sur la diversité des points de vue et de mieux comprendre les attentes des auteurs. Ce fut aussi l’occasion d’être critique sur les écrits et les projets des autres lors des ateliers ‘’échanges de regard’’. »

Dernièrement, Mael a suivi la formation aux Fondamentaux de la production documentaire à Lussas (l’école documentaire de Lussas, ndlr). Sept semaines en immersion dans ce haut lieu du documentaire de création à s’abreuver de connaissances théoriques sur les métiers de la production et à les mettre en pratique sous l’œil attentif des intervenants. « Mieux percevoir la continuité de la chaîne de production, c’est mieux penser la perspective de ses projets, en terme de production comme de réalisation. » Il faut dire que la formation ne s’en tient pas qu’à la production à proprement parler, mais aborde en détail les métiers de l’édition comme de la distribution. « Ce fut une ouverture plus large encore que je ne l’attendais, en termes d’apports, de regards et de connaissances. L’aspect financier de la production avec la recherche de financements, l’équilibre à trouver, la logique des partenaires, etc. Connaître tous ces éléments permet de s’abolir des recettes toutes faites, des notions livresques… »

Un projet de structure de production est en gestation sur lequel Mael en dit peu pour l’instant, « ce genre de projet demande beaucoup de maturation. Ce n’est pas à prendre à la légère. C’est un projet à long terme, en équipe, et cela nécessite de la concertation. » À terme, Mael pourra tester le statut qu’il envisage investir en ralliant les producteurs invités au Tënk de Lussas (rencontres producteurs, ndlr). De jeunes réalisateurs y sont invités à pitcher leur film pour intégrer la collection Primavera, soutenue par des télévisions locales (Lyon TV, Cynaps…). Même chose à St Louis du Sénégal, pour la collection Lumières d’Afrique. Une première approche du métier de producteur dans un cadre rassurant et encore une occasion de voyager…

Elodie Sonnefraud

¹ FeB a lancé en 2010, avec le soutien de la Région Bretagne, un dispositif de compagnonnage entre professionnels. De jeunes auteurs bénéficiaires de l’aide à l’écriture « documentaire » du FACCA sont mis en relation avec des auteurs confirmés et un producteur, pour les aider à avancer dans leur projet.

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