»Les Lendemains », primé au festival Premiers Plans

 »Les Lendemains » de Bénédicte Pagnot a remporté le prix du public qui l’a élu meilleur long métrage français au festival Premiers Plans d’Angers. Une récompense très encourageante pour cette fiction réalisée et produite en Bretagne dont la sortie en salles est prévue fin avril.

Le festival angevin, dont la 25 ème édition s’est achevée le 27 janvier, porte chance à Bénédicte Pagnot et à Gilles Padovani. En 2002, la réalisatrice avait été distinguée pour La petite cérémonie, désignée par le public (déjà lui !) meilleur court métrage européen. En 1997, le producteur des Lendemains (.Mille et Une. Films) avait été sélectionné pour Clean Time de Didier Nion, sa toute première production. Et de deux donc : cette fois, pour un long métrage de 1 h 50, qui a mis neuf ans à voir le jour. On mesure les attentes qui entourent les premières projections publiques.

Cette première sélection a été accueillie avec bonheur et soulagement par l’équipe du film. « Plusieurs grands festivals n’ont pas retenu le film : Cannes, Locarno, Venise… Même si on ne fait pas les films pour ça, c’était une déception, alors ce prix nous redonne confiance. On se remet à y croire », raconte Bénédicte qui a parfois traversé des périodes de découragement. Et Gilles de s’étonner : « Je ne produis pas des films faciles, ce prix du public est donc un peu surprenant, mais il est vrai que le public d’Angers est un public averti. Je suis très content et c’est de toute façon de très bon augure pour la carrière du film ».

Les Lendemains ont été projetés deux fois à Angers devant un public nombreux. Au moment du générique, les applaudissements nourris de la salle ont rassuré Gilles qui s’était glissé parmi les spectateurs pour ressentir leurs réactions : « La salle était très attentive, très réceptive. Elle réagissait bien aux intentions du film. C’était vraiment agréable. A la sortie, je lorgnais sur les bulletins que le public devait remplir pour attribuer une note au film et je me tordais les oreilles pour saisir les commentaires ». Et ce sont de bons échos que le producteur a recueillis, confirmés d’ailleurs par les organisateurs du festival qui, eux aussi, ont glané des retours élogieux.

UFO, le distributeur du film, se réjouit également de ce prix du public. « C’est une très bonne nouvelle. Cela donne au film une légitimité à laquelle les programmateurs et les exploitants vont être sensibles. On le sortira sans doute sur un plus grand nombre de copies », précise William Jehannin. La date exacte de la sortie du film n’est pas encore arrêtée. Ce sera dans la deuxième quinzaine d’avril. On sait qu’un mauvais choix peut fragiliser, voire condamner un film. Le distributeur attend d’avoir toutes les données en main pour se décider.

Bénédicte Pagnot espère que son premier long métrage touchera un public plus large que celui des cinémas d’art et d’essai. « En général, les distributeurs cantonnent les films d’auteur comme le mien à la filière art et essai qui a un public plutôt âgé. Moi, j’aimerais que les jeunes aillent voir ce film, par exemple, des étudiants qui se posent des questions sur la vie ». Pour élargir le public du film, Gilles Padovani va « organiser une projection pour la presse bretonne et activer les réseaux éducatifs proches de la jeunesse et des étudiants ».

Les Lendemains racontent le parcours initiatique d’une jeune fille de 18 ans. Son bac en poche, Audrey quitte sa famille pour la grande ville et des études de sociologie. Avec sa colocataire, elle découvre le militantisme politique. De fil en aiguille, elle rencontre les squatters du GRAL qui lui proposent une nouvelle vision du monde et lui offrent de vivre autrement.

Bénédicte et Gilles ont surmonté toutes les difficultés qui jalonnent la fabrication d’un premier long métrage. Ils ont décroché l’avance sur recette, convaincu TV Rennes 35, l’Unité des télévisions locales et AGM Factory de coproduire le film, reçu le soutien du CNC, de la Région Bretagne, de la Procirep et de l’Angoa-Agicoa, et fini par réunir un budget d’environ un million d’euros. Le film a été tourné en région – à Rennes et à Caen – avec une majorité de techniciens de Bretagne et, en prime, un premier rôle confié à Pauline Parigot, la petite-fille de Guy Parigot, comédien et metteur en scène, co-fondateur du Théâtre national de Bretagne. Une fiction d’initiative bretonne en quelque sorte dont on espère qu’elle fera des émules et servira de socle à une filière en voie de développement.

Nathalie Marcault
Photo : Pauline Parigot dans le rôle de Audrey

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